• Le 10 mars 2010

    Google Street View couvre tout le Royaume-Uni, dévoile Hong-Kong et Macao

    Les nouvelles photos de près de 338 000 kilomètres de routes ont été mises en ligne ce soir, rien que pour le Royaume-Uni.

    Une mise à jour de Google Street View a été réalisée ce jeudi 11 mars. C’est le Royaume-Uni qui bénéficie quasi-exclusivement de ces nouvelles vues panoramiques, 383 000 kilomètres des routes du pays d’Élisabeth II sont désormais couverts par le service de Google, autrement dit 96% des voies routières du royaume.

    La première fois que les clichés à 360° ont été mis en ligne pour le Royaume-Uni, c’était il y a un an pratiquement jour pour jour. Cette mise à jour profite principalement au Sud Ouest, à l’Écosse et aux routes de provinces. Les différentes petites îles n’ont pas été oubliées. Les photos sont nettes, mais rarement bien éclairées à cause de la météo; on remarquera que le sol est souvent mouillé…

    Une vue de Kirklees (Angleterre) sur Google Street View

    Une vue de Kirklees (Angleterre) sur Google Street View

    Tout le Royaume-Uni est couvert ? Non, étrangement aucune vue du village anglais dont les habitants avaient empêché la voiture de Google de passer (sans faire de chaîne humaine comme il a pu être dit) n’est disponible. C’est vraiment pas de chance…

    Selon le communiqué de presse de la firme, depuis le lancement de Street View dans la perfide Albion le trafic de Google Maps a été augmenté de 30%. Parmi les utilisateurs britanniques, 33% ont regardé des vues d’un autre pays et 21% ont utilisé ce service au cours de leur recherche de logement.

    Il n’y a pas qu’Outre-Manche que des nouvelles vues ont été publiées. C’est aussi le cas au Japon ainsi qu’aux Pays-Bas où là aussi le pays est pratiquement entièrement couvert grâce à de nouveaux clichés. Pour la première fois des clichés de Macao (région administrative à statut spécial de Chine) et de Hong-Kong ont aussi été mis en ligne. Les images de ces deux pays asiatiques sont également nettes, et très claires.

    Macao sur Street View, des buildings à perte de vue

    Macao sur Street View, des buildings à perte de vue

    D’autres mises à jour ont également été apportées cette semaine à Google Maps, en plus de ces nouveautés de Street View. Aux États-Unis, il est maintenant possible de visualiser les pistes cyclables et de rechercher pour des itinéraires lorsqu’on utilise le vélo comme moyen de transport. Autre point fort, la possibilité de modifier plus facilement qu’avant les informations d’un commerce ou d’une entreprise sur Google Maps, ainsi que la vue Street View qui est utilisée comme vignette par défaut des commerces.

  • Le 20 janvier 2010

    Les 3 royaumes : Google, la Chine et les internautes

    Dans le conflit qui oppose actuellement la Chine à la firme californienne, qui est vraiment la victime ? Qui sortira gagnant de cette histoire ? Zorgloob fait le point sur les dernières (dés)informations en date.

    La semaine dernière, Google faisait sensation dans la sphère Internet suite à ses accusations de piratages orchestrés par la Chine (comprenez, le gouvernement chinois) et menaçait de quitter l’empire du milieu s’il n’était pas autorisé à afficher les résultats non-censurés de son moteur. Vous remarquerez tout d’abord qu’il n’y aucune relation entre ces deux affaires; Google fait d’une pierre deux coups, les critiques accusent ses dirigeants de se servir de ce prétexte d’intrusion informatique pour quitter tête haute le marché chinois – où le moteur américain ne domine pas.

    Piratage : qui ? quoi ? où ? comment ?

    On en sait un peu plus sur l’intrusion et ce fameux vol de propriété intellectuelle. Les spécialistes ont tout d’abord pensé à une faille d’Adobe Reader, avant de se rabattre vers un trou de sécurité dans Internet Explorer. Cela fait partie d’une vaste opération d’infiltration d’envergure mondiale nommée Aurora. Les hackers ont réussi à s’immiscer dans l’intranet de Google, et accéder notamment à un outil très sensible. Il s’agirait d’une application utilisée par Google pour fournir des informations sur les utilisateurs de Gmail lorsque la Justice américaine l’ordonne. Les pirates ont accédé à des comptes de dissidents chinois et c’est pour cela que la firme accuse la Chine d’être derrière tout cela, même si rien n’est prouvé. Par ailleurs, des journalistes étrangers installés en Chine ont également été victimes de ce piratage.

    La faille dans le navigateur étant considérée comme critique, quelques gouvernements dont la France se sont inquiétés des implications possibles de l’utilisation d’un tel trou de sécurité. Conséquence : l’État invite les entreprises à utiliser des navigateurs alternatifs… Comme Chrome par exemple ! Les critiques voient dans toute cette opération un gros coup marketing pour promouvoir le navigateur de Google, qui inonde déjà le marché publicitaire (sites web, métros, gares, journaux, …). Les internautes y gagneront-ils ? Oui, mais pas tous. En cas de chute du joujou de Microsoft dans le marché des navigateurs, les annonceurs risquent de faire la grimace, car l’un des rares avantages d’Internet Explorer – n’en déplaise aux ayatollahs des logiciels libres – est le fait que ses utilisateurs sont encore ceux qui cliquent le plus sur les publicités

    On a également appris, par le biais de l’agence Reuters, que quelques temps après ces piratages, l’accès au réseau interne de la compagnie avait été coupé dans locaux de Google en Chine, à Shangai, Guangzhou et Pékin. Les employés qui n’ont pas été relocalisés se sont retrouvés au chômage technique. En effet, Google suspecte un ou plusieurs de ses employés de complicité avec les pirates… Les tests de sécurité ayant été effectués, la majorité des googlers asiatiques sont déjà de retour au travail.

    Google et la grande muraille de Chine

    Image de Ross TT sur Flickr.

    La Chine, les Chinois, et la censure

    Vous avez peut-être pu voir dans vos quotidiens ou sites d’actualités des témoignages de sympathie envers Google. En effet, peu après l’annonce, un « grand nombre » de chinois se sont rassemblés pour déposer des gerbes de fleurs sur le logo de Google au pied de l’agence de Beijing. La vérité, c’est qu’une poignée de blogueurs seulement, accompagnés de quelques employés de Google et d’un photographe de presse, se sont réunis le matin pour cette séquence. La journée, personne au pied de l’immeuble, et le soir les amis du matin accompagnés de quelques curieux et journalistes de télévision se sont retrouvés pour une nouvelle série de prises de vues. Résultat, les militants affirment que les internautes chinois se sont relayés jour et nuit pour soutenir Google et déposer des fleurs sur son logo. La manipulation des médias est des deux côtés de la barrière…

    De leur côté, les membres du gouvernement ont demandé plus d’explications suite aux accusations de Google tandis qu’Hillary Clinton et les membres du Congrès se sont félicités de la prise de position de la firme californienne. Ce revirement brutal de Google concernant sa politique de censure sème le doute. Tout d’abord, Google n’a aucune difficulté technique à censurer son moteur. De plus, contrairement à ce que notre point de vue occidental nous amène logiquement à penser, la censure de certains résultats sur les moteurs de recherches ne dérange pas plus que ça les Chinois. Viendrait-il à l’idée des Français de critiquer le fait que Google soit obligé de censurer des résultats néo-nazi ou révisionnistes pour les utilisateurs utilisant Google.fr ? Non, et c’est le même point de vue pour la majorité des internautes chinois, quand bien même cette censure est autrement plus large. C’est surtout la censure occasionnelle de Youtube, Blogger et des autres services proposés par la firme qui irrite Mountain View, car c’est n’est plus dans le domaine de la recherche en ligne que Google peut espérer décrocher le jackpot. Et ce n’est pas près de changer.

    Quoiqu’il en soit et contrairement à ce que les premiers rapports ont indiqué, Google continue de censurer ses résultats en Chine. Certains ont pensé que ce comportement avait été modifié immédiatement après la publication du message de David Drummond sur le blog officiel de sa société, car ils ont confondu Google.com en Chinois et Google.cn. Le premier n’est plus bloqué en Chine depuis longtemps bien que souvent redirigé vers Google.cn, le second est toujours censuré. Cela ne change pas grand chose puisque, de toute façon, qu’ils soient accessibles ou non dans les pages de résultats, les sites censurés ne sont tout bonnement pas joignables. Notons que la version chinoise de Google Maps est elle aussi censurée, notamment pour les résultats relatifs au Tibet, tout comme Google Images et Google Actualités.

    Pour bien insister sur la pseudo-pression que Google effectue sur le pays asiatique, le géant de la recherche en ligne a annoncé ce 19 janvier le report d’un téléphone Android en Chine et a fait retirer ses applications et logos des téléphones. Bouhh… Hu Jintao ne va pas en dormir de la nuit… Dans le même temps Yahoo! a apporté son soutien à Google. Mal lui en a pris car la firme de Sunnyvale a été lâchée par Alibaba, l’équivalent d’eBay en Chine qui est détenu à 40% par Yahoo!, jugeant l’attitude de son actionnaire « irresponsable ».

    Malgré toute la conviction qu’elle arbore fièrement, il va être difficile pour l’entreprise Google de fermer ses trois bureaux en Chine si le gouvernement ne se plie pas à ses exigences. Même si les parts de marché du moteur sont relativement faibles dans ce pays, les annonceurs sont nombreux et les investissements et rachats de startups locales font que cette entité rapporte tout de même plusieurs centaines de millions de dollars chaque année. Par ces temps difficiles (quoique Google semble à l’abri, officiellement…), espérons que les dirigeants de cette multinationale aient plus d’un atout dans leur manche pour se séparer sans pleurer de cette manne qui ne demande qu’à se développer. Il se chuchote même que c’est le co-fondateur Sergey Brin qui aurait insisté pour se lancer dans cette bataille contre la Chine et sa censure, le PDG Eric Schmidt préférant quant à lui le statut quo, économiquement plus profitable…

    Pour résumer : aujourd’hui, Google fait beaucoup parler sur sa prise de position en Chine, mais en Chine rien ne bouge…

    source Xièxie, Shui-Khan, pour les coulisses en direct de Pékin !
    Source de l'image : Ross_TT sur Flickr.

    Publié le 20 janvier 2010 à 0:14 par TOMHTML dans Actualité

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  • Le 8 décembre 2009

    Google Maps vu sous un nouvel angle

    Les développeurs peuvent désormais utiliser les images aériennes pour deux villes des États-Unis.

    Une nouvelle façon d’observer le monde arrivera prochainement sur Google Maps. Après les cartes routières et topographiques, après les vues satellites et les « Street View », voici venir les vues aériennes, plus connues sous le nom de bird’s eye views.

    Il s’agît de vues prises depuis un avion, parfois d’un hélicoptère, qui ont la particularité de montrer un lieu en oblique et sous différents angles. C’est un peu la vision qu’aurait un oiseau survolant la ville, d’où leur surnom de bird’s eye views ou bird views. Ces vues en perspective sont un mélange entre les vues satellites, puisque l’on voit les toits des habitations, et les vues prises à hauteur d’homme que l’on peut consulter avec Google Street View. Elles sont déjà abondamment utilisées avec Bing Maps de Microsoft.

    Google Maps vue aérienne

    Avec la vue satellite, vous n'auriez vu que le toit de cet immeuble

    Aujourd’hui, les équipes du service cartographique ont annoncé la diffusion de ces images  pour l’API de Google Maps. Sans être développeur vous pouvez déjà vous amuser avec cet exemple. Pour l’instant, elles sont disponibles uniquement pour deux villes américaines : San Jose et San Diego. On peut parier que d’autres villes vont suivre, et que l’arrivée dans l’interface de Google Maps de ces vues en contre-plongée n’est plus qu’une question de mois.

    Grâce à la commande de direction en haut à gauche de l’interface, vous pouvez changer d’angle : passer du nord au sud, de l’est à l’ouest. Les premiers partenaires de Google dans ce projet sont Orbitz (site de recherche d’hôtels) ainsi que Redfin et Trulia, deux sites immobiliers.

    Les fidèles lecteurs de Zorgloob.com se souviennent sans doute que ce n’est pas la première fois que nous parlons de ces vues. Google les utilise actuellement pour son outil Modélisateur de bâtiments 3D lancé en octobre, mais il était impossible jusqu’à présent de s’en servir pour un usage personnel. Différence majeure : l’outil de modélisation 3D vous permet déjà de jeter un coup d’œil sur 62 villes dont Lyon et Marseille.

    On attend avec impatience les premières images aériennes de nudistes, Jean-Christophe Lagarde en tremble déjà…

    Publié le 8 décembre 2009 à 19:43 par TOMHTML dans Actualité

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  • Le 7 décembre 2009

    Les annonces Google Mobile du jour

    Le mobile va révolutionner la recherche… À moins que ce ne soit le contraire ?

    Alors que nous avions failli ne pas couvrir l’évènement (on ne savait pas de quoi Google allait parler), nous avons bien fait de retranscrire la dernière conférence de presse en temps réel sur Zorgloob Live (si vous avez raté la conférence, nous avons couvert le tout minute par minute). Quelles annonces pour les mobiles ? Beaucoup ! Et de belles annonces. En fait, des annonces que l’on n’aurait pas pu imaginer. Nous pensions que l’innovation chez Google s’était essoufflée, mais apparemment c’est le contraire ! Vous pouvez retrouver ces annonces sur le blog officiel de Google Mobile.

    1. Search by voice (recherche vocale) : Lancement du produit au Japon aujourd’hui.  Search by voice vous permet de dicter votre requête en langage naturel, les serveurs de Google l’analyse, et les résultats sont affichés directement sur votre écran de mobile. Disponible en anglais, mandarin et donc japonais, sur iPhone (OS 3.0 et plus) et Android (1.6 et plus).
      Search by voice

      Search by voice

    2. Voice translate (Traduction vocale) : « Bonjour je suis Jérémy et je suis rédacteur Zorgloob » => « Hello, I am Jérémy and I am a writer on Zorgloob ». La traduction Google, vous connaissez ! Et si Google traduisait à voix haute ce que vous lui dictez ? Ce sera possible au premier trimestre 2010 sur Android et iPhone avec plusieurs langues (anglais et espagnol ont été montrés en démo).
    3. Suggest local (Suggestions selon l’emplacement) : imaginez, vous êtes à Paris et vous recherchez le mot « tour ». Google Suggest mobile va naturellement vous proposer « Tour Eiffel » ou « Tour Montparnasse ». Si vous êtes à Pise, Google vous proposera « Tour de Pise ». Cela peut paraitre tout bête comme ça, mais c’est très impressionnant !

      Suggestions locales

      Suggestions locales

    4. Near me now (Près de moi maintenant) : vous êtes sur la page mobile de Google.com, et vous ne savez pas quoi chercher ? Cherchez ce qu’il y a autour de vous ! Avec ‘Near me now’, Google vous indique les points d’intérêts autour de vous (en se basant sur les notes des autres utilisateurs). Le tout s’affiche selon l’endroit précis ou vous êtes. Vous êtes dans un musée ? Google vous propose les musées similaires proches. Des catégories vous permettent également de voir les restaurants populaires alentours, ou les banques, les services… Disponible sur tous les mobiles (prenant en charge HTML5 et les méthodes de géolocalisation, soit Android et iPhone pour le moment) via le navigateur.

      Près de moi

      Près de moi maintenant

    5. Google Goggles (les lunettes Google) : Un monument dont vous voulez connaitre l’histoire ? Prenez une photo, et Google vous dit tout. Un vin que vous ne connaissez pas ? Google vous dit à quelle température le servir si vous prenez son étiquette en photo. Oui, c’est assez impressionnant, on a très hâte de tester ce nouveau produit ! Pour le moment, ce sera disponible sous peu dans l’Android Market. Pas d’information pour iPhone.

      Google Goggles

      Google Goggles

      Prenez une carte de visite en photo, Google Goggles analyse l'image et en extrait les informations

      Prenez une carte de visite en photo, Google Goggles analyse l'image et en extrait les informations

    C’est tout ? Non ! Plein d’autres annonces pour la recherche (avec une arrivée fracassante du temps réel notamment). TOMHTML a analysé pour vous l’autre grande nouvelle de la soirée : la recherche en temps-réel.

  • Le 2 décembre 2009

    Google Street View à Singapour, complété en France

    Les « petites » communes de France sont de plus en plus présentes sur Google Street View !

    Comme nous vous l’indiquions hier sur Twitter, c’est le petit État de Singapour qui est le dernier entrant dans la liste des pays couverts par Google Street View. Il s’agît du seizième pays dans ce cas, le troisième en Asie.

    La République de Singapour, coincée dans la pointe Sud de la Malaisie, a une superficie de de 700 km². Autant dire qu’il n’aura pas fallu longtemps aux voitures de Google Street View pour en faire le tour; sauf pendant la mousson. Malgré tout, il reste certaines parties de la péninsule et quelques îles qui n’ont pas été couvertes.

    Google Street View à Singapour
    La voiture de Google Street View à Singapour

    Dans le même temps, la couverture de Google Street View a été complétée ailleurs dans le monde, notamment en France. Tous ceux qui avaient vu passer la voiture de Google il y a plusieurs mois et avaient été surpris de voir que leurs villes n’étaient pas présentes lors de la dernière mise à jour seront ravis d’apprendre qu’il y a de fortes chances pour que ces mêmes villes soient désormais couvertes sur Google Maps.

    La couverture de Google Street View en France

    Le Nord, l’Ouest, le Sud sont maintenant couverts en quasi totalité, tout comme les régions parisienne, alsacienne, auvergnate. C’est Jean-Christophe Lagarde qui va être content… Le Sud-Ouest quant à lui semble avoir été oublié au cours de cette mise à jour. Pour l’instant.

    Édition de 10h20 : En plus de la France, certaines villes du Japon ont été mises à jour (Hiroshima, Okayama, …) ainsi qu’au Canada (Ontario, Sherbrooke, …) et au Royaume-Uni (Stonehenge a reçu la visite du tricycle de Google).

    Publié le 2 décembre 2009 à 9:00 par TOMHTML dans Actualité, Mise à jour, À la une

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  • Le 30 novembre 2009

    La Suisse apporte un débat de plus en France

    Alors que la polémique sur les minarets commence à peine à arriver en France, voila un nouveau débat directement importé de Suisse : Google Street View et la vie privée.

    En France, on n’a pas d’idées, alors on reprend celles des autres. Cette semaine, c’est la Suisse qui est observée de près. Dernier exemple en date, une proposition de loi tendant à restreindre les immixtions des moteurs de recherche dans la vie privée vient d’être présentée pour freiner Google Street View – clairement pointé du doigt dans le document. Cela fait écho à la plainte déposé en Suisse contre ce même service.

    Bien que le texte reconnaît les efforts de Google dans le domaine, paradoxalement le premier point de mécontentement signalé vient de la fonction « Signaler un problème » sur lequel vous cliquez lorsque vous rencontrez une image nécessitant d’être floutée ou censurée. « Cette procédure, explique la préambule de la proposition, implique que ladite personne ait un accès à internet, qu’elle ait la curiosité de rechercher ou qu’elle ait eu connaissance des images concernant sa maison ou ses allées et venues et qu’elle accepte la longueur du délai de traitement de son signalement, ce qui en tout état de cause est trop tardif, ces images pouvant être déjà copiées et diffusées par tous les moyens techniques. »

    Autre souci, le législateur « ne voit pas pour quel motif les photographies d’espaces privés c’est à dire d’habitations, de clôtures de propriété, de véhicules, etc, seraient exposés sur la toile à la vue du monde entier sans l’accord du propriétaire ou de l’occupant des lieux. » Cela est dû à la hauteur du mat sur lequel sont fixés les appareils de prise de vues des voitures de Google. Il faut dire qu’à hauteur d’homme, les photographies panoramiques seraient essentiellement composées… de clichés des autres véhicules que croise la Google car sur son passage. Ci-dessous, voici les modifications de lois proposées :

    Article 1er

    Après l’article 8 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, il est inséré un article 8-1 ainsi rédigé :
    « Art. 8-1. – Il est interdit de collecter ou de traiter des données faisant apparaître des immeubles d’habitation et leurs dépendances, des chemins privés ou des jardins et des cours privés sauf dans le cas où les propriétaires de ces lieux ont expressément donné leur accord à cette collecte et à son traitement. »

    Article 2

    L’article 25 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis est complété par un o) ainsi rédigé :
    « o) L’autorisation accordée au responsable d’un traitement de données à caractère personnel de collecter et de traiter des prises de vues de l’aspect extérieur de l’immeuble et de ses dépendances. »

    Si cette loi est promulguée, il faudra que Google demande l’autorisation à chaque propriétaire de maison photographiée, l’organisation d’une assemblée générale pour chaque immeuble en co-propriété avec décision adoptée de la majorité, varier la hauteur du mât en fonction de celle des arbres entourant les jardins, etc. Impossible à réaliser dans la réalité.

    Même si on comprend le bien fondé de cette proposition, il est plus difficile de comprendre pourquoi ce débat à lieu maintenant, alors que ces problèmes ont été signalés dès l’arrivée des voitures de Google Street View à Paris en mai 2008. Le service a été inauguré en France deux mois plus tard. La CNIL, garante de la vie privée en ligne des français, a reconnu les faiblesses de Google Street View lors de son lancement et encore récemment lors de l’arrivée du tricyle de Google, mais à chaque fois elle a accueilli « favorablement l’ensemble de ces aménagements qui vont dans le sens d’une meilleure prise en compte de la vie privée ».

    De plus, comme le souligne PC INpact, cet aménagement de loi « ne demande que l’autorisation des propriétaires. Quid des locataires ? En quoi la vie privée serait-elle variable selon le type du contrat qui nous lie à un bien d’habitation ? ». Par ailleurs, même si tout le préambule détaille les problèmes causés par les moteurs de recherches, aucune référence à ceux-ci est présente dans la définition de la loi. On note aussi, comme ITespresso, que Google n’est pas le seul concerné par cette affaire. Outre le service photos de Pages Jaunes évoqué dans le préambule, Microsoft et son Bing Maps disposent eux aussi de vues aériennes dites « bird view » et seraient donc obligés de demander des autorisations…

    Ou alors tout ceci ne reflèterait-il qu’un manque de notoriété de la part de Jean-Christophe Lagarde, le député-maire Nouveau Centre de Drancy, qui chercherait ainsi à en gagner en attaquant un grand nom comme Gooogle, comme on le soupçonne avec Hanspeter Thür en Suisse ? On n’ose y croire…

    Pendant ce temps, les voitures de Google continuent de circuler en France et de nouvelles vues à 360 degrés devraient être diffusés en France, en Belgique, dans les pays nordiques et d’autres pays avant la fin de cette année.

    Publié le 30 novembre 2009 à 22:26 par TOMHTML dans Actualité, Justice

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