• Le 28 février 2010

    Google Street View et le paradoxe européen

    Les clichés des voitures de Google sont-ils trop précis, ou pas ?

    Décidément, Google n’a vraiment pas de chance avec l’Europe ces derniers temps. Les ennuis politico-judiciaires s’accumulent pour la société californienne : jugement en défaveur de Google Vidéo en Italie (avec la pseudo-crainte d’un web censuré remise au goût du jour par la défenderesse), des plaintes pour abus de position dominante (position dominante, oui, mais où est l’abus ?), « taxe Google » en France, etc.

    Dernière attaque en date, celle du G29, un organisme réunissant les différents organismes de protection des libertés et des données en Europe. La France est représentée par la CNIL. Selon l’AFP, le G29 a émis des critiques contre la durée de conservation des photographies originales réalisées par les voitures de Google Street View. En effet, pour améliorer sans cesse ses outils de floutage, Google conserve les clichés bruts pendant un an. Le G29 exige que la firme de Mountain View conserve les photos six mois au maximum. Pour l’organisme de protection de la vie privée, cela part d’une bonne intention car des demandes judiciaires ont déjà été envoyées à Google pour fournir les clichés non-floutés (dans une affaire d’agression publique notamment) et Google a accepté.

    Là où le bât blesse, c’est sur l’argument du G29 pour justifier sa requête. Selon eux, le taux d’erreur concernant les floutages effectués sur les vues panoramiques de Google Street View est « très bas » et qu’il est donc « disproportionné de conserver les copies non floutées des photos pendant un an » après la publication sur internet. Or, c’est exactement l’argument contraire qui était utilisé par le préposé suisse à la protection des données il y a quelques mois pour justifier son ultimatum envers Google Street View. Selon Hanspeter Thür, il y avait un taux d’erreur de 2% avec le système de floutage de Google et qu’il avait reçu en conséquence de nombreuses plaintes.

    Alors qui croire ?

    Certes, la Suisse ne fait pas partie du G29 mais on pourrait s’attendre à une harmonisation des arguments dans ce domaine qui touche uniformément les occidentaux. Doit-on voir dans cette requête du groupement européen une dernière pique d’Alex Türk dans un but médiatique, une semaine avant que celui-ci quitte ses fonctions de président du G29 ?

    Quoiqu’il en soit, un accord a été trouvé en Suisse, tout comme en Allemagne récemment, ce qui indique que Google va rendre public dans les semaines à venir les vues à 360° prises dans ces pays européens qui ne sont pas encore couverts, sans oublier la Belgique, l’Autriche, la Roumanie, et bien d’autres. Par ailleurs, il n’y a pas que les clichés pris par les Google cars qui sont utilisés pour le projet Street View, les photographies des utilisateurs sont également disponibles (non floutées, soit dit en passant) et la navigation parmi celles-ci a été améliorée cette semaine.

    source source : Agence France Presse.

    Publié le 28 février 2010 à 22:13 par TOMHTML dans Actualité

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  • Le 14 février 2010

    Mats Carduner : « J’avais envie de choses nouvelles »

    L’ancien directeur de Google France répond aux questions de Zorgloob.

    Successeur de Franck Poisson en septembre 2004, Mats Carduner était à la tête de Google France puis de la section Europe du Sud jusqu’à l’année dernière. Aujourd’hui, il se lance dans une nouvelle aventure, nommée « Fifty-five » focalisée sur le webanalytics. Zorgloob.com l’a interrogé sur sa nouvelle activité, ainsi que sur ses cinq années passées chez Google.

    Zorgloob.com : Bonjour M. Carduner. Vous avez quitté Google France, où vous occupiez le poste de directeur, en octobre dernier. Qu’avez-vous fait depuis ?
    Mats Carduner : J’ai tout d’abord pris un peu de repos. Cinq ans chez Google, c’est intense. J’ai aussi discuté avec pas mal de gens, d’opportunités, de projets, etc. Courant janvier, je me suis décidé à rejoindre le projet 55, pour cristalliser l’ensemble.

    Qu’est-ce qui est à l’origine de la création de « Fifty-five » et quel est le but de votre nouvelle structure ?
    C’est un projet qui existait déjà sous plusieurs formes qui se sont rejointes. Il y a eu convergence de visions et nous avons les mêmes centres d’intérêt, on savait que la conversion allait devenir un sujet essentiel. Je le savais déjà chez Google, autant concernant la France que l’Europe, et je savais aussi que d’autres personnes y réfléchissaient. Pourquoi Fifty-Five ? Il s’agit d’une référence au monde physique où 55% des personnes qui se rendent dans un magasin en ressortent en ayant effectué un achat alors que sur Internet ce taux de conversion est inférieur à 2% actuellement.

    En quoi la conversion (ou transformation, l’action de convertir un visiteur en client / abonné / acteur du site, ndlr) est-elle aujourd’hui un sujet important ?
    Cela suit un processus logique. Je suis entré dans le monde du Web en 1995 chez Infonie, c’était rempli de problématiques, notamment de problématiques d’accès : les gens allaient sur Internet mais il n’y avait pas d’audience malgré les contenus. Ensuite, chez Havas c’était l’ère des sites d’info et de contenu, des services qui n’étaient pas proposés dans le monde « ancien », comme les annonces classées en ligne dès 1998 en France avec Monster qui a rompu les modèles économiques existants. Ensuite je suis entré chez Google et le chiffre d’affaires est passé de 5 milliards à 25 milliards de dollars. C’étaient les années où l’on cherchait à faire un maximum d’audience. Aujourd’hui, dans certains pays on a fait le plein d’internautes, quand ce n’est pas le plein de mobinautes, difficile de faire plus.
    Les éditeurs veulent savoir vraiment ce qui se passe sur leurs sites, c’est une préoccupation importante et elle va le devenir de plus en plus. On ne parle plus de visiteurs uniques, on parle d’individus. On est à l’ère de l’efficacité des sites. Avec Fifty-Five on aborde de ceci manière particulière, on espère créer une nouvelle catégorie d’acteurs : le business analytics marketing, à savoir que les données ne sont rien si on en fait rien, contrairement aux agences média qui apportent beaucoup de trafic sans se demander si ça a répondu à la demande.

    Qu’entendez-vous par « business analytics markerting » ?
    Business : on part du principe que n’importe quel site internet est là pour une raison business, même quand il ne s’agît que de présenter des produits. Ça ne concerne bien entendu pas tous les sites; si on prend l’exemple du Monde ils ont envie de faire en sorte que leurs lecteurs achètent leur journal mais ils veulent aussi que leurs articles circulent en multi-support, tout est lié.
    Analytics : l’utilisateur est au centre de l’étude, la technologie permet de faire remonter énormément d’informations, de données, qui doivent être utiles pour rendre le site efficace.
    Marketing : pour le client final, les trois termes sont importants. On mise sur le décryptage, sachant que l’on est dans un contexte d’explosion du nombre de données disponibles, c’est très important. Le point principal : on veut rendre l’information décisionnelle et la transformer en action tactique et stratégique. Pour ça il faut maitriser la technologie, et c’est pour cette raison que nous avons dans notre équipe des experts dans ce domaine comme Alan Boydell qui a longtemps été responsable de Google Analytics en Europe.

    Finalement, comment résumeriez-vous l’activité de votre nouvelle entreprise ?
    Le marché du merchandising et de l’agencement s’élève à un milliard d’euros actuellement. Regardez chez Ikea comme tout est pensé pour inciter le chaland à ne pas repartir les mains vides. On va faire sur Internet la même chose.

    Comment ?
    On va s’appuyer sur les technologies de Google, notamment Analytics et Website Optimizer. Mais pas que. D’autres acteurs proposent des solutions de testing que nous allons proposer à nos clients. Ensuite tout se jouera sur le diagnostic. On propose une visibilité pour tous, et tout le monde n’a pas besoin de la même chose. C’est comme le tableau de bord de votre voiture, les indicateurs sont tous pertinents mais vous ne les regardez pas tout le temps, ça n’a de sens que si ça vous permet de faire une action précise. A nous de montrer les bons indicateurs.

    Quelle est la cible de 55 ?
    Beaucoup de sites e-commerce, mais pas que. On intéressera aussi les sites média par exemple, où l’on peut faire remonter des indicateurs sur la consultation de certains types de contenus pour augmenter leur rentabilité, on proposerait ainsi des implémentations de tests qui nous montreraient quel canal ou quel agencement est le plus rentable. Nous sommes en train de segmenter nos propositions en fonction des typologies de besoins : transaction, engagement (avec la marque), récupération de données qualifiées, etc.

    Pourquoi tant de Xooglers dans votre équipe ?
    Parce que nous avons commencé ce projet ensemble et l’avantage est que nous avons tous des profils différents. Certains sont orienté produit, d’autres business et d’autres sur l’aspect opérationnel. Il y a convergence et complémentarité au sein de l’équipe. On a une approche extrêmement rigoureuse pour analyser les données utilisateur d’un site. Nous sommes huit, nous avons tous une compréhension du business, des objectifs mais sensibles à la technologie, avoir une bonne connaissance du web est ici indispensable. La polyvalence des profils est un atout intéressant.

    Revenons maintenant quelques mois en arrière. Nous avons appris votre départ de Google le 25 octobre 2009. Rien ne laissait présager une telle annonce. Pouvez-vous nous détailler les conditions dans lesquelles cela s’est passé ?
    Très bien. Ça faisait cinq ans que j’étais à ce poste là. DG de Google France puis 4 à 5 mois plus tard on me confiait l’Europe du Sud. J’arrivais à un stade ou j’avais envie de choses nouvelles. Je n’avais pas envie forcément de choses classiques chez Google, et j’aime bien commencer de nouvelles choses. Mon départ s’inscrit dans la continuité de mon parcours, l’innovation.

    Le bruit court que vous étiez en mauvais termes avec Nikesh Arora qu’en est-il exactement ?
    La politique maison de Google est de ne jamais communiquer sur les départs. Il n’y avait pas de mauvais termes entre-nous, je le respecte beaucoup et c’est réciproque. Ces rumeurs n’était que des interprétations. Comme mon départ coïncidait avec l’arrivée de Carlo à un poste plus large basé à Paris, ça a été mal interprété. J’ai beaucoup d’affection pour Google et admiration. Je suis fier d’avoir fait partie de l’aventure.

    Justement, quels sont vos rapports avec Carlo d’Asaro Biondo ? Est-il provisoirement à la tête de Google France ou est-ce définitivement votre remplaçant ?
    Carlo me remplace en intérim dans le rôle de country manager. Pour mon ancien poste, le recrutement est toujours en cours et à ma connaissance ce n’est toujours pas bouclé.

    Êtes-vous encore sous le coup d’une quelconque clause de confidentialité ou de non-concurrence avec Google ? Si non, pouvez-vous nous donner 2 ou 3 anecdotes ?
    J’avais une clause de non concurrence mais elle n’a pas été activée, et puis mon activité n’est pas en concurrence avec Google, bien au contraire. J’ai tellement d’anecdotes… Je me souviens notamment du rachat de Urchin, le moment où l’outil est devenu gratuit sous le nom de Google Analytics. C’était le premier vrai test de montée en pression de serveurs de Google. Ils ont failli sauter ! L’ensemble des ressources utilisées, c’était un moment intense. Je me souviens aussi des petits coups d’adrénaline lorsque je recevais un e-mail de Larry Page à 21 heures disant qu’il était à Paris et qu’il voulait qu’on organise un déjeuner pour le lendemain matin. C’est émouvant, le fait de recevoir l’info juste avant, ça montre bien le style de la culture d’entreprise.

    Vous avez passé cinq ans à la tête de Google France et presque autant en qualité de Manager Google Europe du Sud. Dans quelle mesure avez-vous contribué au développement de la popularité de la firme, et de son chiffre d’affaires, dans votre secteur ?
    Mon but a surtout été d’assimiler la culture d’entreprise américaine à Google France, être en résonance avec ses valeurs, exécuter les plans qu’on écrit quand on est à ce genre de poste. Ma contribution a été d’être en accord avec l’idée et la valeur de l’entreprise. Tous les gens qui entrent chez Google adhèrent à la force de la proposition et la simplicité de la vision. Il y a peu d’entreprises ou le « mission statement » est limpide depuis 10 ans et pendant longtemps encore : l’accès universel à l’information. J’ai aussi consacré la moitié de mon temps à la France, l’autre moitié aux pays d’Europe du Sud en fonction de l’importance de leur business.

    Quel est votre plus belle réalisation ? De quoi être vous le plus fier ?
    Je suis très fier d’avoir poussé le partenariat entre Google et Home, le film de Yann Arthus-Bertrand coproduit par Luc Besson. Fier de ça car il y a eu une affinité énorme entre Google et ce projet, Google était probablement la seule société mondiale capable de parler de ceci à beaucoup de monde en même temps. Ça a été un cheminement assez long, mais on a fini par en faire un partenariat global.

    Votre meilleur souvenir ?
    La remise du prix du Prince des Asturies à Oviedo par le prince héritier. J’ai trouvé ça magnifique. C’était spectaculaire et protocolaire, magnifique pendant trois jours en Espagne. Je me souviens surtout de ce qu’a expliqué le prince sur le choix de Google pour ce prix. Ce qui m’avait fasciné : le speech était d’une modernité incroyable de la part du prince. Selon lui, en résumé, Google avait contribué à renforcer l’individu.

    Des regrets ?
    Pas de regret, ce n’est pas ma personnalité. On peut toujours faire les choses en mieux. On peut toujours être meilleurs. Compte tenu de la rapidité et complexité de l’entreprise, je n’ai vraiment aucun regret.

    Dernière question : avez-vous tout de même gardé des actions chez Google ?
    Aucune !

    source Interview réalisée par téléphone le vendredi 12 février 2010.

    Publié le 14 février 2010 à 22:41 par TOMHTML dans Question Z

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  • Le 12 janvier 2010

    2009 : l’année des critiques contre Google

    2009 aura été l’année des critiques, des pseudo-scandales et autres attaques plus ou moins fondées contre Google. Retour sur les dernières crises de l’année passée…

    « Les critiques font mal ? Être critiqué, c’est déjà commencer à être aimé, non ? » En se basant sur cette citation de Jacques Dutronc et sur l’actualité de ces derniers mois, on pourrait en déduire que Google doit être vraiment aimé pour être critiqué à ce point… Mais pour l’instant, cela ressemble plus à de la haine ou de la jalousie qu’à de l’amour. Faisons le point sur les dernières attaques en date contre la firme de Mountain View.

    Google Recherche de Livres

    Début décembre, c’est la fête pour le groupe La Martinière / Le Seuil. Les « petits » éditeurs ont vaincu le « grand » Google dans un procès qui les opposait. Google a été jugé coupable de contrefaçon, avec 300 000 euros de dommages et intérêts, pour avoir diffusé des livres français encore soumis au droit d’auteur. Les avocats ont même réussi à mettre en cause Google France dans l’histoire.

    Toutefois, les éditeurs ont peut-être gagné une bataille, mais la guerre est loin d’être terminée. Google a fait appel de ce jugement, il faut dire que les approximations et analyses douteuses dans ce procès ont été nombreuses. En Chine une plainte du même type a été déposée, la justice locale tranchera en mars prochain. L’Asie étant un marché sensible, les gens de Bellevue-la-Montagne ont préféré s’excuser auprès des auteurs chinois.

    Attention à ne pas se tromper de débat, comme les éditeurs l’aimeraient, en mélangeant les polémiques précédentes à celles qui concernent la numérisation des œuvres de bibliothèques françaises. Les principales critiques ont été adressées à l’encontre de la Bibliothèque Municipale de Lyon, qui a signé un partenariat avec Google. Nicolas Sarkozy lui-même est contre cette idée – quitte à débourser plusieurs centaines de millions d’euros pour créer une pseudo-alternative – alors même que les arguments qui tiennent la route face à l’entreprise californienne se comptent sur les doigts d’une main.

    Google AdWords

    La quasi-totalité des revenus de Google provient des annonceurs publicitaires. Ces derniers se sont habituées depuis quelques années à recevoir des petits cadeaux de part de Google, à la période de Noël. Cette année, rien, pas même un crayon. Est-ce la crise ? Est-ce du au fait que Google parvient à trouver d’autres sources de revenus (ventes de téléphones, d’appliances, « partenariats », …) ? Toujours est-il que le cadeau officiel cette année n’est pas individuel, c’est un suite de dons destinés à des associations caritatives, pour un total de 20 millions de dollars. Un beau geste de la part de l’entreprise américaine, que les critiques ont vite fait d’assimiler à une façon subtile pour bénéficier d’une déduction fiscale… Et dans le même temps, un nombre en hausse d’annonceurs ont vu leurs comptes AdWords clôturés pour des raisons obscures, certains avancent même que Google en profiterait pour récupérer les clients des agences ainsi bannies. Don’t be evil?

    Dernière nouvelle en date : le gouvernement français serait sur le point de pondre une nouvelle loi pour taxer les revenus des entreprises générant beaucoup d’argent avec les publicités, Google en tête. Le prétexte de cette manœuvre est tout aussi surprenant que la taxe elle-même : soutenir l’édition musicale, littéraire et celle de la presse. Résultat : des sites de presse dépendant de plus en plus des subventions de l’État, et celles-ci seront financées par les annonceurs AdWords au final…

    Google Actualités

    Après quelques mois de calme apparent, le monde de la presse – une partie, seulement – s’est rebellé contre Google News et son « pillage systématique des articles » publiés sur les sites des journaux. Un vif débat a eu lieu entre Google d’un côté, Libération et Le Monde de l’autre. Google y est pointé du doigt comme le bouc-émissaire des pertes de revenus publicitaire des journaux en ligne, voire de la presse en général. Philippe Jannet, PDG du Monde Interactif, a été le plus critique à l’égard de Google (Actualités) et de la fiscalité opaque de la filiale française.

    Toutefois, on ne peut pas dire qu’il soit complètement allergique à la firme de Mountain View puisque ce jeudi encore il était présent aux côtés d’Anthony Zameczkowski, directeur des partenariats stratégiques de YouTube, pour remettre les prix du concours Planète Reporter organisé en collaboration avec les deux entreprises… De plus, Google inonde actuellement les espaces publicitaires des États-Unis et d’Europe pour promouvoir son navigateur Chrome, avec dans le lot une somme faramineuse pour l’achat d’encarts de pub dans les pages de vos quotidiens. Forcément, que Google l’admette ou non, c’est une façon de faire taire les critiques contre le désormais puissant annonceur… Nous vous invitons par ailleurs à lire ces deux articles intéressants de Novövision qui analyse la situation en détail.

    La fiscalité de Google

    Philippe Jannet a critiqué la fiscalité opaque de Google : le chiffre d’affaires annuel de l’agence française pour la publicité est estimé entre 800 et 900 millions d’euros, mais Google France n’en déclare que 40 millions de CA. L’argent est en fait évidemment transféré vers l’Irlande, c’est indiqué noir sur blanc lorsque vous acceptez le contrat de Google AdWords ou celui d’AdSense : c’est avec Google Irlande que vous signez le contrat, pas Google France. Du coup, de l’autre côté de la Manche, le même débat s’annonce.

    Selon le Times, Google UK n’aurait payé aucune taxe sur ses 1700 millions d’euros de revenus publicitaires en 2008. En transférant les revenus de Londres à Dublin, le fisc britannique n’a touché que 157 000 euros sur les 500 millions qu’il aurait pu espérer obtenir. On peut comprendre le mécontentement des élus locaux, surtout lorsqu’ils ont découvert que le directeur de Google au Royaume-Uni a vu son salaire augmenté de 80% de 2007 à 2008. De son côté, la filiale irlandaise est passée de 16 millions d’euros de pertes en 2007 à un bénéfice de près de 3 millions d’euros l’année suivante…

    Google Vidéo

    Suite à la diffusion sur le portail Google Vidéo en 2006 d’une séquence montrant un trisomique se faire tabasser par des camarades de classe, une association italienne avait porté plainte. David Drummond, George Reyes et Peter Fleischer, trois grandes figures de Google accusées directement dans l’affaire, risquaient de passer un an derrière les barreaux. Finalement, le Tribunal du Turin a jugé qu’ils n’étaient pas responsables. Ce qui n’empêche pas la firme de continuer à être critiquée en Italie.

    Google Suggest

    Les propositions de recherches affichées lorsque vous entrez quelques lettres dans le champ texte du moteur sont très pratiques pour la majorité d’entre-nous, parfois la cible de plaisantins mais aussi de la Justice. Selon un tribunal parisien, « l’utilisateur moyen du moteur de recherche ne sait pas parfaitement que Google Suggest ne propose que des requêtes tapées avant lui par d’autre, internautes classés par ordre de popularité« . Par conséquent, quand le mot « arnaque » est affiché à côté de la marque « Direct Énergie », cela crée un trouble illicite pour cette entreprise.

    Google a perdu, même en appel. Comme le souligne à juste titre Cédric Manara, la cour d’appel de Paris a de ce fait condamné le moteur « à faire mention sur son écran d’entrée d’une information destinée à l’internaute et permettant à celui-ci de comprendre comment est établie la liste des suggestions » (si l’on voulait faire un raccourci, on pourrait dire que le juge ne veut pas qu’il y ait d’arnaque sur l’origine de la suggestion !). Même sanction pour le Centre national privé de formation à distance (CNDFI). D’autres compagnies ainsi malmenées sur la Toile seraient près à leur emboîter le pas, mais cela pourrait se retourner contre elles. En effet, on a jamais autant associé le mot « arnaque » à Direct Énergie depuis cette affaire

    Et ce n’est pas tout !

    D’autres affaires ont secoué cette fin d’année 2009, on retiendra notamment le « dérapage » du PDG de Google Eric Schmidt sur la vie privée et Youtube qui se met au cloaking (faites ce que je dis, pas ce que je fais…). Étrangement, le fait que certains employés de Google soient obligés d’avoir un second boulot (magicien, gouverneur, testeur de gilets pare-balles) pour arrondir leurs fins de mois n’a pas fait plus de bruit que ça…

    Plus généralement, tout au long de l’année 2009 Google aura subi un flot pratiquement discontinu de pertes de crédibilités et de critiques. En bref : des licenciements en masse, des bugs, de nombreuses pannes (Google Agenda, Gmail, Google News, et même tous simultanément), des ultimatums, de la censure, des algorithmes honteusement défectueux, et bien d’autres encore.

    La raison de cette succession d’échecs et de défaites, malgré tous les lancements de produits réussis par ailleurs ? C’est sans nul doute un complot des biches enragées, depuis qu’une voiture Google a tué l’une des leurs il y a un an. Nous ne voyons pas d’autre explication !

    Malgré toutes les critiques que Google a rencontré en 2009, la firme a continué à évolué et à offrir à ses utilisateurs nombre de nouveaux produits et de nouvelles fonctionnalités. Souhaitons leur que cela continue en 2010. Jean Sibelius a dit : « Ne fais pas attention à ce que dit la critique : on n’a jamais élevé une statue à un critique. » Pas sur non plus qu’on érige une statue à la gloire de Sergey Brin et Larry Page…

    Publié le 12 janvier 2010 à 0:11 par TOMHTML dans Actualité

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  • Le 8 janvier 2010

    La taxe des publicités en ligne : la finalité d’un pays TTC ?

    Nommée par le terme impropre de « taxe Google », le gouvernement français s’appuie sur le rapport Zelnik pour trouver les fonds où il le peut…

    Rapport Zelnik ?

    Le rapport Zelnik, du nom de son auteur, fait couler beaucoup d’encre. Patrick Zelnik est le PDG du label indépendant Naïve et du lobby européen Impala, le syndicat européen des sociétés phonographiques indépendantes, et a participé à ce rapport, en compagnie de Jacques Toubon et de Guillaume Cerutti, le PDG de Sotheby’s France.

    « Surprenant » selon notre ministre de la Culture, « lâche » ou « obscène » selon nos confrères de Numérama ou PCInpact, le rapport propose, en plus de mettre en place une offre de musique légale, de taxer des supports physiques ou virtuels. Physiques, on connaissait déjà les CD et DVD vierges. Préparez-vous à voir aussi les cartouches d’encre. Virtuels ? La taxation des publicités en ligne, mais aussi une veille anti-monopolistique des moteurs de recherche.

    Une taxe Google ?

    Ce n’est pas un secret, après avoir racheté Doubleclick, Google, déjà ogre vorace et dominateur du Web, fait peur. Peur parce qu’il grossit très vite et sur tous les plans : Google Maps va s’attaquer aux GPS, Android aux OS des smartphones, Nexus commence à titiller l’iPhone d’Apple…

    Avec une taxe de 1 à 2% sur les revenus publicitaires en ligne, l’État compte bien profiter de la croissance exponentielle de la firme américaine en s’attaquant à son revenu principal : la publicité, secteur que le rapport tient également à soumettre à l’Autorité de Concurrence.

    La manne dégagée peut atteindre des sommets : 50 millions d’euros en 2010, 35 à 40 pour 2011 et 2012, rien toutefois en regards des profits dégagés. Et c’est ce qui trouble : le terme de Taxe Google est impropre, parce que n’importe quel moteur de recherche vivant de revenus publicitaires se verra taxé.

    On remarque que les législateurs et les critiques ont souvent tendance à confondre domination du marché (car le moteur californien occupe 90% des parts de marché) et monopole, Google n’ayant ni privilège ni exclusivité dans le domaine de la recherche ou de la publicité en ligne.

    Qu’en penser ?

    Beaucoup de flou pour le moment : comme le précise Cyril Zimmermann, directeur de la régie publicitaire Hi-Media pour France24, il est problématique de taxer une société basée en Irlande sur les revenus engendrés en France.

    De même, instaurer une taxe pour soutenir une industrie qui n’est toujours pas parvenue à s’adapter à l’évolution technologique et encore moins aux évolutions de ses consommateurs apparaît comme aberrant.

    Le futur : après la musique, l’édition écrite… Mais tout cela dépend de l’adoption, ou non, de cette loi.

    Les oppositions en ligne se font déjà sentir, et nul doute que les compagnies concernées par cette taxe ne vont pas tarder à contre-attaquer. Un bras de fer opposant d’un côté les législateurs, épaulés par les lobbyistes anti-Google (ils ne manquent pas) qui voient ces firmes comme des ennemies du web ; de l’autre les « victimes », condamnées à ne plus pouvoir « répondre aux attentes des internautes » si on les taxe davantage — malgré leurs astuces pour réduire leurs impôts…

    source Article réalisé avec la participation de TOMHTML

    Publié le 8 janvier 2010 à 0:35 par Romain dans Actualité

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  • Le 2 décembre 2009

    Google Street View à Singapour, complété en France

    Les « petites » communes de France sont de plus en plus présentes sur Google Street View !

    Comme nous vous l’indiquions hier sur Twitter, c’est le petit État de Singapour qui est le dernier entrant dans la liste des pays couverts par Google Street View. Il s’agît du seizième pays dans ce cas, le troisième en Asie.

    La République de Singapour, coincée dans la pointe Sud de la Malaisie, a une superficie de de 700 km². Autant dire qu’il n’aura pas fallu longtemps aux voitures de Google Street View pour en faire le tour; sauf pendant la mousson. Malgré tout, il reste certaines parties de la péninsule et quelques îles qui n’ont pas été couvertes.

    Google Street View à Singapour
    La voiture de Google Street View à Singapour

    Dans le même temps, la couverture de Google Street View a été complétée ailleurs dans le monde, notamment en France. Tous ceux qui avaient vu passer la voiture de Google il y a plusieurs mois et avaient été surpris de voir que leurs villes n’étaient pas présentes lors de la dernière mise à jour seront ravis d’apprendre qu’il y a de fortes chances pour que ces mêmes villes soient désormais couvertes sur Google Maps.

    La couverture de Google Street View en France

    Le Nord, l’Ouest, le Sud sont maintenant couverts en quasi totalité, tout comme les régions parisienne, alsacienne, auvergnate. C’est Jean-Christophe Lagarde qui va être content… Le Sud-Ouest quant à lui semble avoir été oublié au cours de cette mise à jour. Pour l’instant.

    Édition de 10h20 : En plus de la France, certaines villes du Japon ont été mises à jour (Hiroshima, Okayama, …) ainsi qu’au Canada (Ontario, Sherbrooke, …) et au Royaume-Uni (Stonehenge a reçu la visite du tricycle de Google).

    Publié le 2 décembre 2009 à 9:00 par TOMHTML dans Actualité, Mise à jour, À la une

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  • Le 2 décembre 2009

    Ce qu’ont recherché les Français sur Google en 2009

    Google publie son fameux Zeitgeist pour l’année 2009, qui ressemble étrangement à ceux des années précédentes…

    Ses douze mois ne se sont pas encore écoulés que les premiers classements de l’an 2009 voient le jour. Comme chaque année depuis 2001, Google publie son « Zeitgeist », c’est à dire le podium des expressions entrés dans le moteur de recherches ayant connu les plus fortes progressions par rapport à l’an passé.

    Un minisite a été mis en place pour présenter et surtout expliquer les données. Dans le monde, c’est évidemment Michael Jackson qui domine, suivi de près par Facebook, Twitter ou encore l’excentrique Lady Gaga. Voici les requêtes ayant connu la plus forte progression sur les onze premiers mois de 2009, en France, après élimination des spams, des requêtes répétées par des robots et celles relatives au sexe :

    1. Allostreaming (qui était déjà populaire à la fin de l’année 2008)
    2. Facebook (qui était déjà là en 2007 et en 2008)
    3. Bon coin (qui était déjà là en 2007 et en 2008)
    4. Yahoo mail (qui était déjà là en 2008)
    5. Web mail
    6. iPhone (qui était déjà là en 2007)
    7. Jeux.fr (pourtant son trafic ne semble pas avoir augmenté)
    8. Roland Garros
    9. Robert Pattinson
    10. Mappy Michelin

    On peut en déduire que les Français cherchent toujours la même chose, et sont de plus en plus nombreux à le faire… Penchons-nous maintenant sur les requêtes les plus populaires, celles qui dominent tout – normalement – sur Google Insights for Search. Là, on tombe fatalement dans la même routine :

    1. Facebook (6ème en 2008, 4ème en 2007)
    2. Youtube (1er en 2008, 2ème en 2007)
    3. Jeux (2ème en 2008)
    4. You (les gens qui ne savent pas écrire Youtube ? :-])
    5. Yahoo (3ème en 2008)
    6. TV (8ème en 2008)
    7. Orange (5ème en 2008, 9ème en 2007)
    8. Météo (9ème en 2008)
    9. Le bon coin (1er en 2007)
    10. Hotmail

    Si Google avait organisé des paris sur l’issue de ce classement, il y aurait eu beaucoup de gagnants avec des tiercés, quartés ou quintés dans le désordre… Si nous devions douter de quelque-chose, serait-ce de la méthode pour récupérer et trier ces résultats, ou du comportement des internautes qui recherchent en masse les mêmes choses ?

    Toujours est-il que ces recherches ne concernent que Google. Comme c’est une bonne idée pour promouvoir leurs produits en cette fin d’année, Bing et Yahoo! ont eux aussi publiés leurs classements respectifs.

    source Source : communiqué de presse de Google

    Publié le 2 décembre 2009 à 0:37 par TOMHTML dans Actualité, Communiqué de presse

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