Aficionados d’Analytics, référenceurs, sortez vos mouchoirs…
Ça y est, la machine est en marche : alors que son impact se fait sentir depuis le mois d’octobre, la version sécurisée de Google va être étendue à différents domaines locaux d’ici quelques semaines, assure l’un des blogs officiels de l’entreprise. Ainsi, la version HTTPS de Google.fr, qui est disponible depuis janvier 2012, devrait progressivement arriver sur vos écrans, sans même que vous ayez décidé d’y aller.
Cette modification va avoir un lourd impact (négatif) sur tout un secteur d’activité, tandis que les effets positifs restent à démontrer. Pour ceux qui n’ont pas suivi l’histoire, un petit retour en arrière s’impose.
Il y a cinq mois, la firme américaine décidait d’imposer une méthode pour « protéger la vie privée de ses utilisateurs » : toutes les personnes connectées à leur compte Google qui accèdent à « http://www.google.com » sont automatiquement redirigées vers la version sécurisée « https » (cryptage SSL). Cela a pour principal intérêt d’empêcher tout tiers de connaître la page que vous consultez ou même de la modifier, ce que font certains fournisseurs d’accès en incorporant des publicités dans les pages de résultats.
Un changement qui est probablement passé inaperçu pour la majorité des internautes. De même pour ceux qui font le choix de ne partager aucune information, confidentielle ou pas, avec l’entreprise californienne car on peut affirmer sans trop se tromper qu’ils n’ont pas attendu ce changement pour utiliser d’autres techniques : désactivation des cookies, déconnexion du compte, voire utilisation d’autres moteurs tels DuckDuckGo.
Pour autant, ce changement a fait beaucoup de mal à l’industrie du référencement et de l’analyse d’audience. Car avec le protocole sécurisé et une technique sournoise utilisée par Google, le « referrer » (l’adresse de la page précédente quand vous visitez un site) est altéré. En clair : les outils tels Google Analytics savent que l’internaute à visité votre site grâce à Google, mais impossible de savoir quels sont les mots-clés qu’il a tapé. Il en va de même pour les logs serveurs bien entendu.
Google garde pour lui les informations les plus intéressantes… Dans le but d’inciter les intéressés à s’inscrire à Google Webmaster Tools, le seul outil où peuvent être retrouvées ces données. Les données ne sont plus diffusées en temps réel et qui sont incomplètes. On peut penser qu’un jour une offre, payante, sera proposée pour accéder à l’intégralité des données.
Dans Google Analytics, quand le mot-clé n’est pas fourni, il est remplacé par un funeste « (not provided)« . Quand bien même le changement est appliqué à Google.com uniquement, depuis octobre son impact a été grandissant y compris sur les sites français ! Sur Zorgloob.com, c’est même le premier des mots-clés… On ne compte plus les sites où plus d’un quart des visites provenant de Google ne contiennent plus le Saint Graal des référenceurs.
Par conséquent, l’arrivée du HTTPS dans les versions locales du moteur de recherches va considérablement diminuer les mots-clés fournis, réduit l’ouverture et la transparence à laquelle nous avait habituée cette entreprise, et va aider à augmenter l’emprise qu’à Google sur les analystes web.