Le 8 novembre 2011

« Enrichissement » des pages de résultats de Google : SERP parti pour un tour…


« Enrichissement » des pages de résultats de Google : SERP parti pour un tour…

Beaucoup de nouveautés ces dernières semaines du côté des pages de résultats de Google. L’idée d’une simple page aux « 10 petits liens bleus » n’est plus qu’un lointain souvenir…

Depuis ce lundi soir, Google permet enfin aux marques la création de « Pages Google+ », l’équivalent des fan pages pour Facebook. Cette fonctionnalité était très demandée depuis le lancement de Google + au mois de juin. Toutefois, cette nouveauté est un couteau à double tranchant, comportant quelques bénéfices pour les marques et surtout des inconvénients.

Une « page Google+ » (Google+ for business en version originale), qu’est-ce que c’est ? C’est tout simplement l’équivalent d’une page de profil pour une marque, une entreprise, une organisation, une association, un groupe de musique… absolument pour tout. C’est pour cela que depuis hier soir un flot ininterrompu de pages font leur apparition, de l’AFP à Pepsi, d’Angry Birds à Korben, sans oublier une vingtaine de produits Google qui ont déjà leur page dédiée. Même Zorgloob a la sienne ! Difficile de tirer son épingle du jeu pour l’instant.

Une page Google+, pour quoi faire ? Celui qui pourra démontrer la plus-value de ce produit n’est peut-être pas encore né. Certes, la marque peut poster des photos et interagir avec ses « fans », éventuellement leur proposer des réductions [mise à jour du 08/11: Google+ interdit explicitement l’organisation de concours, la publicité et les offres promotionnelles sur ses pages !!!], mais rien de plus que ce qui était déjà possible avec Facebook et Twitter. De plus, la marque ne peut pas envoyer des informations personnalisées aux internautes à moins qu’ils ne s’inscrivent à la page et que la page s’inscrive à leurs profils. Par ailleurs, il est possible de faire +1 sur une page sans avoir à s’y inscrire; on cherche encore l’intérêt.

Suggestion de pages Google+

Suggestion de pages Google+

Au final, celui qui retire le principal bénéfice des pages Google+ est Google lui même. En effet, lorsque l’internaute s’inscrit à une page (et parfois même sans y être inscrit !), celle-ci est mise en valeur dans les pages de résultats. Elle est même fortement mise en valeur dans les suggestions de recherches lorsqu’on précède son nom d’un « + » – d’où la disparition récente de l’opérateur historique éponyme. Les éditeurs peuvent même se tirer une balle dans le pied en mettant en place sur leur site Google Direct Connect, pour mettre en avant leur page…

Il faut également penser que les marques, en créant un moyen de communication public supplémentaire avec elles, auront une augmentation de contenus à modérer, une charge de travail accrue pour les Community Managers. Tiens, la page de Cora n’a pas encore été créé, mais celle de Nicolas Sarkozy oui. Les fakes vont certainement se multiplier, d’autant plus que n’importe qui peut créer une page sur n’importe quoi ! Même sur Facebook !

Pour Mark Zuckerberg, « Google est certainement en train d’essayer de construire sa propre petite version de Facebook. » Non seulement le jeune milliardaire est dans le vrai – les déclarations d’Eric Schmidt sur l’importance d’utiliser son vrai nom en son une preuve – mais contrairement à Facebook Google est en train d’user de nombreux stratagèmes pour imposer promouvoir Google+.

Google Plus est partout, même dans Google News

Google Plus est partout, même dans Google News

Ainsi, la firme de Mountain View incite lourdement les éditeurs de presse et les blogueurs à lier leurs articles et leurs auteurs à des profils Google+ pour augmenter leur visibilité. La visibilité des articles ? Non, celle de Google + ! Une étude récente a infirmé l’affirmation de Microsoft selon laquelle Google mettait trop en avant ses propres résultats. L’étude mériterait d’être refaite après l’avènement de Google+…

Pour les référenceurs, Google+ est un nouveau paramètre qu’il faudra rapidement prendre en compte, pour les analyses mais également pour l’optimisation de la visibilité des sites. Notamment l’impact des +1 de vos contacts, qui font remonter des pages habituellement enfouies dans la longue traîne. Actuellement les marques ne peuvent pas faire de +1 au nom de leur page Google+, mais on imagine fort que tôt ou tard cela sera permis. Et alors ce fameux bouton va chauffer…

A-t-on encore vraiment besoin de cliquer ?

A-t-on encore vraiment besoin de cliquer ?

Ceci est le début d’un grand bouleversement des SERP (pages de résultats), mais la véritable révolution est à venir. Et on ne parle pas ici de celle réalisée en recherchant [do a barrel roll] ! Google teste actuellement la méga-onebox, qui affiche de nombreuses données sur l’entité recherchée dans la colonne habituellement dédiée aux publicités AdWords.

Découverte par Cyrus Shepard, cette partie qui occupe la moitié de la page s’appelle « Sources ». Elle présente des données complémentaires sur ce que l’on recherche. L’exemple à droite porte sur Rihanna, où sont précisés sa date de naissance, sa taille, ses titres et même le nom de son petit ami. Un autre exemple, concernant Twitter, donne le nom du PDG et le langage de programmation utilisé. Nul doute que tout ceci va encore faire du bruit dans le Landerneau des référenceurs…

Parmi les autres changements récents de Google, on notera le retour des publicités AdWords en bas de la page de résultats ainsi que des liens « Pourquoi ces annonces ? » au dessus de chacun des blocs publicitaires, plutôt gênant. Par ailleurs, la firme californienne a annoncé la mise en place d’un algorithme pour promouvoir les résultats les plus récents dans le domaine des requêtes d’actualité. Cet algo agit sur 35% des requêtes. Au premier abord, cela peut faire peur, comparés aux 12% d’impact de Panda, mais en y regardant de plus près on découvre que ce n’est rien d’autre qu’un élargissement d’un algorithme déjà existant et qui touchait déjà 17,5% des résultats. Du buzz pour pas grand chose, donc.

Enfin, si vous avez suivi l’affaire de la version sécurisée du moteur de recherches qui ne passe plus le référer – donnée précieuse pour les statistiques – sachez que contrairement à ce qu’avait affirmé Google, le nombre de requêtes non fournies est bien plus élevé que prévu, entre 7% et 21% pour les sites anglais.
Là encore, c’est Google qui en récolte tous les bénéfices…

Publié le 8 novembre 2011 à 10:04 par dans Actualité

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5 commentaires

  1. Olivier a dit :

    Merci pour cet article dont j’ai apprécié le ton « décalé ».

    Je vois que tu es très remonté contre Direct Connect. Je comprends bien le danger pour les entreprises si Google envoie les internautes non plus vers leur site mais vers leur page G+. Par contre, en tout cas pour l’instant tel que je l’ai compris, ceci n’apparait que si l’internaute démarre sa requête par le signe +
    Donc c’est pas si gênant ?

  2. Mia a dit :

    Personnellement, je n’ai rien à redire à l’action de Google. En tant qu’utilisateur, j’apprécie fortement de voir un peu le contenu avant de cliquer sur le lien (concernant la mega-onebox).
    Que les +1 aient un impact sur les résultats, là encore je n’ai pas de problème, après tout, si les autres sont satisfait d’un site, peut être que ça nous plaira également. Et ce ne sera pas parce que l’entreprise à dépensé je ne sais combien en référencement qu’elle sera en premier, mais parce que les utilisateurs auront apprécié son contenu.
    Et ça pour moi c’est positif. La qualité doit et devra primer. C’est d’ailleurs le but de Panda de faire primer le contenu de qualité.
    Ensuite, que la page de l’entreprise soit mise en avant, ce n’est pas une mauvaise chose. La page est de toute façon possiblement liée à un site et ne se substitue pas forcément à lui.
    Bref, je ne suis pas d’accord avec vous.

  3. TOMHTML a dit :

    @Olivier Imaginons un site d’actualités tel WRI. Sur ta page Google+ tu vas sans doute reprendre le contenu publié sur ton site ou des liens. Toujours est-il que les personnes qui, avant, arrivaient sur ton site directement étaient exposées aux publicités, aux autres contenu, au design étudié pour ton site, etc. Là c’est standard, sans publicité, une page vue en moins pour le site, etc. Direct Connect n’est pas si mauvais que ça dans le fond — sauf pour le fait de proposer des pages auxquelles tu n’es pas abonné — mais je vois mal comment tu peux inciter les visiteurs de ton site à s’inscrire à ce truc plutôt qu’à ton compte Twitter ou Facebook ou RSS. Qu’est-ce que ça leur apporte ? Pas grand chose.

    @Mia : effectivement le point de vue ici est surtout du côté des éditeurs de sites mais je pense me placer également du côté des internautes. La qualité doit primer ? Oui, mais ce dont tu parles ici c’est la notoriété, pas la qualité. Si tu rejoins la page des magasins Leclerc alors elle sera souvent mise en avant, même si tu recherches des produits dont la qualité (et/ou le prix) sera meilleure chez Carrefour ou d’autres !
    On verra bien ce que ça donne d’ici quelques semaines mais je prédis aux pages la même interaction utilisateur que les « +1 », à savoir : je clique parce que le contenu me plaît mais je n’ai aucune idée de ce que cela implique.

  4. Olivier a dit :

    Sur le fond on est bien d’accord, mais de façon précise :
    – jamais je ne publie d’article en entier sur Facebook ou Google+
    – Direct Connect n’envoie l’internaute (vers la page Google+) que si l’internaute a tapé + au début de sa requête…

  5. TOMHTML a dit :

    Pour l’article, ça revient au même : la différence entre un internaute qui va sur ton site, regarde les titres des news et s’en va, et le même qui fait la même chose sur Google+, c’est que pour le premier tu comptabilise une page vue (et des impressions publicitaires), pas dans le second cas. Et puis sur ton site, la Home Page est généralement organisée de telle manière que même si tu ne veux que lire les titres ton œil est attiré par d’autres informations — les titres des threads du forum, par exemple. Rien de tout cela existe sur Google+.

    Concernant Direct Connect, je persiste à dire que cela est peu utile, et que le peu d’utilité que ça a c’est d’envoyer l’internaute vers la page Google+ — et donc pas vers le site.