Le 28 novembre 2010

Le gouvernement chinois serait responsable du piratage du réseau de Google, selon WikiLeaks


Le gouvernement chinois serait responsable du piratage du réseau de Google, selon WikiLeaks

Parmi les câbles diplomatiques confidentiels qui viennent d’être diffusées ce dimanche par WikiLeaks, l’un d’eux concerne Google…

Le site WikiLeaks a diffusé cette nuit 250 000 câbles diplomatiques. Actuellement sous le coup d’une attaque par déni de service, on ne peut que se référer à ses partenaires de la presse écrite pour en savoir plus sur les coulisses des grands de ce monde. Le New-York Times révèle qu’au moins l’un de ces câbles confidentiels concerne Google.

En janvier dernier, Google surprenait tout le monde en annonçant son intention de cesser la censure de la version chinoise de son moteur, en représailles à une intrusion informatique ayant été perpétrée depuis ce pays d’Asie. La firme assurait mordicus que l’attaque venait de Chine, chose pourtant difficile à prouver dans un monde où les proxy sont légion, et soupçonnait même certains employés de complicité avec les pirates. Depuis mars, Google s’est partiellement retiré du marché chinois.

Aujourd’hui, c’est en se basant sur un rapport confidentiel tout juste divulgué que le NYT écrit :

Un contact chinois a déclaré à l’ambassade américaine à Pékin, en janvier, que le Politburo (Bureau politique du Parti communiste en Chine) a dirigé l’intrusion dans les systèmes informatiques de Google dans ce pays. Le piratage de Google faisait partie d’une campagne coordonnée de sabotage informatique effectuée par des agents gouvernementaux, des experts de la sécurité privée et des hors-la-loi d’Internet recrutés par le gouvernement chinois. D’autres câbles diplomatiques indiquent qu’ils se sont introduits dans les ordinateurs du gouvernement américain et d’alliés occidentaux, ceux du Dalaï Lama et de certaines entreprises américaines depuis 2002.

Cette information viendrait donc corroborer une rumeur persistante depuis plusieurs mois. Reste bien entendu à connaitre le degré de confiance que l’on peut accorder dans cette source que l’on ne connaîtra probablement jamais.

Finalement, la seule différence entre la Chine et les États-Unis, c’est que dans le premier cas quand le gouvernement veut lire vos e-mails il pirate votre compte Gmail. Alors qu’aux États-Unis il lui suffit d’adresser, par le biais du FBI ou d’une autre agence, un requête polie à Google pour que ce dernier leur donne accès à votre compte.

Édition du 5 décembre 2010 : le Guardian, journal britannique de référence, fournit plus d’informations au sujet de ce piratage. Toujours selon les câbles diplomatiques révélés par WikiLeaks, ce serait un membre important du Politburo qui aurait ordonné le piratage de Google. D’après un autre article du NYT, il s’agirait de Li Changchun, actuellement Secrétaire du Département de la Propagande du Parti communiste chinois

Pourquoi tant de haine envers le moteur de recherches ? Tout simplement parce que ce monsieur a eu l’idée – souvent excellente, mais pas dans ce cas – de rechercher son propre nom sur Google.com après avoir appris l’existence de cette version non-censurée du moteur, alors accessible en Chine. Et là surprise (pour lui), dans les premiers résultats il aurait trouvé des articles qui le critiquaient personnellement…

Avec un autre membre du Politburo, il aurait tenté de faire supprimer ces liens de Google.com. Sans succès. Google a alors été bloqué en Chine pendant 24 heures, sous prétexte de ne pas avoir filtré des résultats pornographiques, perdant 20% de son trafic et subissant les foudres des médias locaux. Toujours sans effet du côté de Mountain View. La riposte a donc été sévère, avec les conséquences que l’on connait.

Publié le 28 novembre 2010 à 23:05 par dans Actualité

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5 commentaires

  1. bqst a dit :

    D’autres câbles diplomatiques indiquent qu’ils se sont introduits dans […] du Dalaï Lama…

    Il tourne sous unix au moins ? Pour un monde libre !

  2. […] Finalement, la seule différence entre la Chine et les États-Unis, c’est que dans le premier cas quand le gouvernement veut lire vos e-mails il pirate votre compte Gmail. Alors qu’aux États-Unis il lui suffit d’adresser, par le biais du FBI ou d’une autre agence, un requête polie à Google pour que ce dernier leur donne accès  à votre compte »source […]

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  3. tagada a dit :

    « Finalement, la seule différence entre la Chine et les États-Unis, c’est que dans le premier cas quand le gouvernement veut lire vos e-mails il pirate votre compte Gmail. Alors qu’aux États-Unis il lui suffit d’adresser, par le biais du FBI ou d’une autre agence, un requête polie à Google pour que ce dernier leur donne accès à votre compte ».

    La seule différence c’est aussi que dans l’un des deux cas ces mails servent à tuer et emprisonner des gens qui ne font que préserver leurs libertés de pensée…

  4. TOMHTML a dit :

    Oui, bien entendu les États-Unis sont un pays modèle, c’est bien connu. C’est pas comme s’ils avaient kidnappé un ressortissant allemand et retenu captif plusieurs mois en Afghanistan juste parce qu’il portait le même nom qu’un terroriste présumé… ah, ba si en fait.

  5. Goldie a dit :

    c’est 821 / 251,287 cables publiés et une bonne url http://www.wikileaks.ch/cablegate.html qui n’est pas prête de disparaître vu que http://www.guardian.co.uk/media/2010/dec/04/wikileaks-site-swiss-host-switch
    c’est que ça bouge vite ces bêtes là.