Le 24 août 2010

Mois d’août nuageux pour Google


Mois d’août nuageux pour Google

Qui a dit qu’il ne se passait rien l’été ? Entre les errements de ses dirigeants et les attaques sur ses produits, revenons sur l’actualité critique de Google de ces derniers jours…

L’été, il ne se passe pas grand chose dans l’actualité. Il faut donc trouver de quoi s’occuper. Attaquer Google étant un sport à la mode, pourquoi ne pas pratiquer cette activité lorsqu’il n’y a rien d’autre à faire ? D’autant plus que de l’autre côté, l’entreprise donne plus d’un bâton pour se faire battre…

L’étonnant algorithme de classement des résultats

La base même de la célébrité de Google, ses résultats, et la façon dont ils sont classés : le plus pertinent en tête, le reste ensuite, dans l’ordre. Une nouvelle politique a été instaurée : lorsque Google détecte qu’un mot-clé de la requête fait référence à un site internet (« Zorgloob » fait référence à zorgloob.com), les sept premiers résultats sont issus de ce site et non plus seulement le premier (et éventuellement le deuxième).

Pour tout vous dire, on cherche encore l’intérêt. Imaginez que l’on recherche « réparation ordinateur Apple », c’est le site apple.com qui trusterait la première page, aux dépends de n’importe quelle entreprise de réparation informatique qui tenterait vainement de se positionner sur cette requête. Et que feront les internautes si apple.com est inaccessible ? Et puis rien ne prouve dans ce cas que le site de Steve Jobs soit vraiment le plus pertinent…

Évidemment, ça râle chez les SEO. Certains pensent – probablement à juste titre – que cette mesure a pour but de calmer les esprits des possesseurs de marques qui annoncent sur AdWords. En effet, d’ici quelques semaines, à peu près n’importe qui pourra faire de la publicité sur n’importe quelle marque. Là aussi, ça râle.

Une page de résultats ultra-dynamique

Des tests actuellement effectués montrent une page de résultats rechargée à la volée, au fur et à mesure de la frappe. Une sorte de Google Suggest à son apogée. Là encore, il y a des dents qui grincent dans le milieu des référenceurs.

En effet, cette succession de pages de résultats affichées quelques instants est aussi synonyme d’un grand nombre d’affichage de publicités. Publicités qui ne seront sans doute pas cliquées. De plus, si un internaute trouve ce qu’il cherche avant qu’il ait fini de taper, les annonceurs ayant enchéri sur des requêtes à plusieurs mots vont perdre des clics – comme si vous trouviez un site correspondant à votre recherche en tapant juste « assurance voi » et qu’un malheureux annonceur avait décidé d’afficher ses publicités uniquement pour les requêtes contenant « assurance voitures ».

Un film sur Google : déjà un échec ?

Après le film sur Facebook, voici venir le film sur Google. Basé sur le livre « Googled : la fin du monde tel que nous le connaissons » de Ken Auletta, il devrait raconter l’histoire de Sergey Brin, Larry Page et de l’empire qu’ils ont créé. Le tout gravitant autour de leur fameuse devise : don’t be evil. Ce film n’est encore qu’un projet qu’il est déjà critiqué : ennuyant, publicité gratuite pour Google, etc. On aura l’occasion d’en reparler… Le film sur Youtube, quant à lui, est déjà sorti.

Google Street View en Allemagne : la cible récurrente

Chaque allemand ne connaît que sa spécialité, écrivait Jean Giraudoux, pour le reste il s’en remet au Gouvernement. Rares sont les Allemands spécialistes de Google Street View, et dans le pays où le sport national pour les politiques est de défendre les concitoyens contre toutes les intrusions (présumées) dans leur vie privée, rares sont ceux qui peuvent avoir un avis objectif.

Malgré 52% d’opposition à ce projet selon un récent sondage, l’entreprise Google a décidé unilatéralement que ses voitures allaient reprendre du service d’ici quelques semaines et que les images seront en ligne d’ici le mois de novembre. En attendant, comme c’était prévu de longue date, les habitants d’Outre-Rhin peuvent demander à Google de flouter leur maison ou immeuble. La période pendant laquelle ils peuvent demander ceci est passée de quatre à huit semaines face aux critiques qui ont suivi.

Selon les autorités allemandes, pas moins de 200 000 demandes de floutages auraient été adressées à Google. Un nombre largement surestimé, selon la firme californienne. Étonnamment, des services similaires à Street View sont déjà disponibles en Allemagne, et personne ne s’en plaint…

Google Street View dans le reste du monde

En Corée du Sud, la police a mené une perquisition dans la locaux de Google. Du matériel de la filiale basée à Séoul a été saisi, le tout toujours en rapport avec les données wifi captées par les voitures de Street View. À quand une perquisition à Madrid, où une enquête similaire a été lancée ? Le fait que plusieurs pays ont confirmé la bonne foi de Google dans ce dossier n’intéresse décidément personne dans les milieux judiciaires.

Pendant ce temps, en France, les voitures de Google sont de retour dans 16 régions. La CNIL a cru bon de préciser que ce retour était « prématuré », de quoi faire couler beaucoup d’encre. Pourtant, la CNIL était au courant de ce retour, la filiale hexagonale de Google ayant des relations hebdomadaires avec la Commission…

Ces voitures sont également de retour dans d’autres pays comme la Belgique, l’Irlande, l’île de Man, Guernsey, etc. Mieux encore, de nouveaux pays sont prévus : la Slovaquie, mais aussi la Lettonie où les véhicules ont été aperçus à Riga. Une mise à jour est également prévue prochainement pour l’Afrique du Sud.

La neutralité du Net, pas très nette

Manifestations devant le Googleplex, critiques aux quatre coins du monde : la prise de position de Google sur la neutralité du net est fiasco. Non pas tant sur ce que le contenu définit, mais plutôt sur ce qu’il ne définit pas : cela laisse libre court à toutes les hypothèses, et évidemment les plus catastrophiques d’entre-elles font le buzz.

Après quelques jours de flottement, la firme de Mountain View a listé les « mythes » concernant cette annonce et la participation de Verizon à ce cadre juridique. Mais rien y fait, Google est toujours perçu comme l’ogre qui va dévorer tous les efforts en faveur d’un internet libre et ouvert, un peu comme Microsoft qui était le diable dans le domaine des logiciels propriétaires et des monopoles. Bienvenue en 2010, c’est sur le dos de Google qu’il faut casser du sucre à présent.

Eric Schmidt : visionnaire naïf ou génial créateur de buzz ?

Le PDG de Google parle peu, mais quand il le fait, ça fait du bruit. Beaucoup de bruit. Rappel de l’épisode précédent : « si vous ne souhaitez pas qu’on le sache, mieux vaut encore ne pas le faire ». Tout un symbole. Le nouvel épisode est encore plus fracassant.

Eric Schmidt a expliqué ceci : « Je ne crois pas que la société comprenne ce qui arrive quand tout est disponible, accessible et enregistré par tout le monde, tout le temps ». Il prédit donc, « apparemment sérieusement » d’après le WSJ, que « tout individu sera un jour automatiquement autorisé à changer son nom à l’âge adulte de manière à renier les hauts faits enregistrés par ses amis sur les réseaux sociaux de sa jeunesse ». Il y a de quoi rester dubitatif.

Certes, les pensées d’un PDG ne représentent pas la ligne directrice d’une entreprise – ce que beaucoup ont tendance à oublier, la remarque vaut également pour les propos sur le même sujet par le créateur de Facebook. Néanmoins, il y a de quoi se poser des questions. Notamment se demander si tout ceci n’était pas un prétexte pour faire le point sur l’identité numérique, et si les inquiétudes sur éventuelles intrusions dans votre vie privée sont toutes fondées.

Quoiqu’il en soit, la manière directe d’Eric Schmidt d’aborder cette problématique est bien maladroite et n’a fait qu’écorner l’image de sa société. Les fuites dans la presse d’une réunion interne au sujet des publicités en ligne a également mis de l’huile sur le feu.

Des drones pour Google Earth ?

Imaginez que demain un confiseur annonce fièrement dans le journal qu’il a vendu à des personnes d’Apple des sucettes. Bon sang, mais que va faire Steve Jobs avec ça ? Les offrir aux fans d’Apple de la première heure ? Vendre des iSucettes sur iTunes ? Ou pire encore ? D’autant plus que ce confiseur annonce également vouloir « établir un partenariat sur la durée » avec Apple !

Étonnantes spéculations, n’est-ce pas ? Idiotes, vous pouvez le dire. C’est un peu le même constat que l’on peut faire lorsqu’on lit les articles relatifs aux récentes rumeurs sur Google. À l’origine, une entreprise européenne annonce avoir vendu un drone – petit aéronef sans pilote – à Google. Et les rumeurs sur les utilisations de cet appareil on fleurit dans les colonnes des titres de presse qui s’ennuient l’été. Au final, un simple appel à Google a permis de confirmer que ce jouet (appelons un chat un chat) était destiné à un exécutif de l’entreprise fan de robotique. Après tout, les dirigeants ont le droit de s’amuser, comme Steve Jobs a le droit d’avoir faim.

Oracle traine Google en justice

Le succès d’Android génère bien des convoitises; comprenez que tout le monde veut sa part du gâteau. Oracle est passé par une méthode brutale mais qui peut lui faire gagner beaucoup d’argent. Pourtant, avec un patron qui est la sixième fortune du monde et une entreprise qui capitalisée à hauteur de 115 milliards de dollars, on ne pourrait penser que l’argent n’est pas un problème. Mais business is business…

Ainsi, Oracle a décidé d’attaquer Google pour violation de brevet. Cette dernière utilise en effet la technologie (ou tout du moins le langage) Java pour son système d’exploitation Android. Or Java est la propriété de Sun, elle même propriété d’Oracle. Néanmoins Google a assuré ses arrières en contournant ce problème de licence avec sa machine virtuelle Dalvik. Le juge ne le verra peut-être pas de cet œil, affaire à suivre.

Un enfant mort sur Street View ?

« Une fillette sème l’émoi au Royaume-Uni » titre le Journal du Québec. A vrai dire, si émoi il y a eu, il l’a été après la publication d’un article dans le Daily Mail qui publiait une vue de Google Street View où l’on voyait une enfant par terre, semblant morte. Mais le titre de l’article était clair : « ce n’était qu’un jeu ». Aucun émoi, donc.

Voila pour les pseudo-polémiques de ce mois d’août, qui ont éclipsé les autres nouveautés de Google, quoi que peu nombreuses, période estivale oblige. Vous pouvez suivre l’actualité de Google en direct sur notre compte Twitter, et sur ce site évidemment où d’autres articles sont à venir très prochainement.

Publié le 24 août 2010 à 17:43 par dans Actualité

Labels : , , , , , , , ,

8 commentaires

  1. […] Zorgloob […]

    Backlink
  2. Frédéric Gaye a dit :

    Il est évident que l’on peut se demander la réelle motivation des dernières modifications de Google concernant l’augmentation du nombre d’affichage pour un seul site (cf. Impact pour une marque du nombre de résultats affichés pour un seul site)

  3. cathy a dit :

    Vraiment dommage que vous ne parliez plus sur ce blog des info comme le racchat de like.com ou encore Jambool.
    vous n’avez quasiment plus aucune ou quasi information depuis plusieurs mois.

  4. Patrick a dit :

    @Cathy Ces informations ont été données via le compte Twitter de Zorgloob. On peut s’y abonner pour avoir des infos plus régulièrement.

    Il y a peut-être moins d’articles qu’avant, mais le contenu y gagne en originalité et en analyse.

    Merci TOMHTML pour ce très bon article.

  5. TOMHTML a dit :

    C’est dans les cartons, Cathy ! On va faire un bilan.

    En attendant, je repars écrire un article 😉

  6. […] sur les routes mondiales. Le mois d’août a en effet été une cuvée d’exception pour les critiques du projet Street […]

    Backlink
  7. […] de ces voitures dans ce pays. Pour rappel, ces mêmes voitures ont été aperçues en Lettonie voisine au mois d’août. D’autres continuent pendant ce temps de sillonner les routes […]

    Backlink
  8. abdallah a dit :

    tres trops rapide!