Le 26 mai 2010

La transparence chez Google : circulez y’a rien à voir


La transparence chez Google : circulez y’a rien à voir

La transparence. C’est à croire que Google ne pense plus qu’à ça. Mais est-elle toujours nécessaire ?

Les utilisateurs des services de Google se répartissent globalement en trois catégories : ceux qui ne savent pas ce que Google récolte comme données sur eux, ceux qui le devinent mais qui ne craignent pas pour leur vie privée, et ceux qui pensent savoir et qui sont persuadés que la moindre information les concernant stockée sur les serveurs de Google sera un jour ou l’autre utilisée contre eux.

Rassurer cette troisième catégorie – dont on ne sait pas quel part des internautes elle représente – semble être devenu la mission numéro 1 de Google ces derniers temps.

Opt-out de Google Analytics

Le marqueur de Google Analytics est présent sur un très grand nombre de sites web, pas forcément les plus petits. Certains s’inquiètent des données qui sont envoyées à leur insu vers les serveurs de la multinationale. Par conséquent, deux outils ont été dévoilés hier dans le cadre de cette sacro-sainte transparence.

Le premier outil est une extension pour votre navigateur qui bloque l’envoi de données à Google Analytics en court-circuitant le code JavaScript du marqueur. Admettons que cela puisse être utile pour les webmasters qui ne veulent pas fausser les statistiques de leur site lorsqu’ils le visitent. S’il est adopté en masse, cet outil aura pour incidence de fausser vos analyses.

Le second outil n’est offert qu’aux webmasters. Il s’agit d’une fonction JavaScript à ajouter au marqueur existant pour que seule une portion de l’IP du visiteur soit enregistrée – une portion de 75% tout de même. Les statistiques géographiques, qui se basent justement sur l’adresse IP, seront un peu moins précises. Un outil qui rassurera une petite partie des visiteurs du site, si tant est qu’elle soit au courant, et qui ne sera d’aucune utilité pour les autres, qui sera même un inconvénient pour le webmaster. Merci Google…

Les 1000 sites les plus visités, ou presque

DoubleClick Ad Planner, ex-Google Ad Planner, diffuse depuis hier une liste des 1000 sites les plus visités au monde. Le but est d’offrir aux annonceurs un moyen d’atteindre le plus grand nombre de personnes. Cette liste, mise à jour mensuellement, affiche notamment le nombre de visiteurs uniques de chaque site et son nombre de pages vues (570 milliards pour Facebook !).

Bizarrement, la mode de la transparence n’est toujours pas passée par là puisque aucun chiffre des sites de Google, Youtube y compris, n’est dévoilé. Ils n’apparaissent donc pas dans ce classement…

L’impact de Google sur l’économie américaine

Ce mardi a été annoncé en grandes pompes un rapport créé par Google, sur Google. Rapport qui a finalement généré moins de buzz que prévu. Basé sur tout un tas de suppositions, Google déduit que son activité (Search, Grants, AdWords, AdSense uniquement) a généré pas moins de 54 milliards de dollars pour l’économie américaine en 2009, dont 14 milliards rien qu’en Californie. Merci Google ?

« C’est ce que toutes les grandes compagnies font lorsqu’elles sont sous le feu des critiques », a déclaré John M. Simpson du Consumer Watchdog (association de défense des consommateurs, plutôt anti que pro Google). « Elles détournent l’attention de leurs méfaits et pondent une histoire à propos de leurs contributions. » Une belle opération de communication en somme, qui semble pourtant avoir fait un flop.

Le partage des revenus d’AdSense

Sous la pression (mais on ne sait pas de qui, sans doute de la justice italienne), la société Google a décidé de rendre publique la répartition du partage des revenus d’AdSense. Pour AdSense pour le contenu, l’éditeur garde 68% de la somme déboursée, le chiffre tombe à 51% pour AdSense pour les recherches. Ce chiffre est désormais affiché dans la console d’administration d’AdSense.

En clair, si un annonceur diffuse une publicité sur votre site lui coutant 1 euro au clic, Google garde 32 centimes pour ses frais de gestion et vous reverse le reste. Cette répartition n’aurait pas changé depuis 2003 et cela correspond grosso modo à ce qui avait été calculé de manière indépendante. De quoi faire jouer la concurrence ? Pas si sur…

Le « scandale » wifi

Comme vous le savez, certains ingénieurs de Google Street View ont commis l’erreur d’enregistrer plus de données wifi que prévu. Quand ils s’en sont rendus compte, ils auraient très bien pu supprimer discrètement ce surplus d’informations et l’affaire était close. Mal leur en a pris lorsqu’ils ont décidé, en suivant ce sacro-saint principe de transparence, de révéler au grand public leur erreur !

Les relations publiques de Google et les juristes pensaient que dévoiler et s’excuser publiquement allait suffire à calmer les craintes de certains. C’était sans compter sur quelques paranoïaques qui, malgré les justifications techniques de l’entreprise, ont déposé plainte aux États-Unis pour atteinte à la vie privée et infraction aux règles d’acquisition des données.

Une femme de l’Oregon, Vicki Van Valin, accuse ainsi Google d’avoir pris des données privées, sachant qu’elle travaille depuis chez elle sur son réseau sans-fil non sécurisé et que son domaine d’activité est sensible en matière de Hautes technologies – cherchez l’erreur… Google pourrait ainsi devoir payer 10000 dollars à chaque fois qu’un véhicule à capté des données privées. À cause de cette action en justice, Google ne peut plus supprimer ces données…

Bref, vous l’avez vu, la transparence à un bon fond mais elle est très vite détournée de son but premier et Google n’est pas tout le temps prêt à être complètement transparent, au risque de perdre en visibilité.

Publié le 26 mai 2010 à 14:27 par dans Actualité

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11 commentaires

  1. mamelouk a dit :

    A mon avis, ces deux outils sont destinés à la troisième catégorie, « ceux qui sont persuadés que la moindre information les concernant stockée sur les serveurs de Google sera un jour ou l’autre utilisée contre eux. »

    Parce que c’est eux qui font le plus de bruit, et salissent l’image de Google.

    Une opération marketing à mes yeux donc.

  2. Jérôme a dit :

    Je me demande si c’est bien la décision de justice italienne ou la volonté d’améliorer leurs relations clients qui a prévalu dans la publication des partages de revenus Adsense (cf.
    http://www.buzzmachine.com/2010/01/29/google-news-2/).

    Dans l’affaire Street-Wifi, je m’inquiète vraiment que certains pays ont demandé qu’ont leurs remettent les données collectées plutôt que de vérifier leur simple destruction. A ce jours, j’ai beaucoup plus de raisons de faire confiance aux ingénieurs de Google en matière de respect de la vie privée qu’à nos gouvernants!

  3. aztazt a dit :

    A l’heure du XmlHTTPRequest, le nombre de « pages vues » a-t-il encore une signification ? Notamment dans le cas de Facebook…

  4. aztazt a dit :

    Tout à fait d’accord avec Jérôme. J’ai plus confiance en Google qu’en nos gouvernements (bien que les gouvernements pourraient, comme n’importe lequel d’entre nous, récolter exactement les mêmes informations que Google s’il leur en prenait l’envie, car les données récoltées ne l’ont pas été suite à un hacking quelconque mais étaient publiques).

  5. Bibis a dit :

    +1, je dois bien reconnaitre aussi que Google m’inspire davantage confiance que notre gouvernement…
    Sinon, à mon humble avis, ces multiples annonces de transparence, de sécurité, de respect de la vie privée, etc. sont essentiellement des attaques indirectes contre facebook, justement en pleine crise sur ces sujets. Ce type d’annonces qui n’intéresses pas ou que très peu les internautes lambda, sont, à mon sens, principalement là pour draguer une presse généraliste (qui au passage s’intéresse chaque jour un peu plus a ces sujets) en se démarquant bien de la politique facebook. C’est aussi sur le plan médiatique que Google doit mener la guerre au géant bleu !

  6. TOMHTML a dit :

    @mamelouk Rrrr j’ai en effet oublié de marquer que c’était cette population qui avait droit à la plus grande exposition médiatique, je vois qu’on s’est compris.

    @aztazt Je ne sais pas comment ils font pour calculer mais il me semble nettement que les appels AJAX pour rafraichir la plus grande partie de la page (pas juste pour poster un commentaire) sont pris en compte.

  7. Jérôme a dit :

    Ayé, Google refuse de remettre les données aux agences gouvernementales qui les demandent http://www.nytimes.com/2010/05/28/technology/28google.html – en Allemagne et à Hong-Kong en l’occurrence.

    <>

  8. Jérôme a dit :

    Bizarrement, un partie de mon commentaire n’est pas passé…

    <>

  9. Jérôme a dit :

    OK, il semble qu’il y ait un bug dans le système de commentaire. Je ré-essaie:

    « Google, based in Mountain View, California, has offered to destroy the data, but has not allowed regulators to see and verify what it has collected. Google has destroyed data collected in Denmark, Ireland and Austria at the request of local regulators.

    But eight other European countries — Britain, Germany, France, Spain, Italy, the Czech Republic, Switzerland and Belgium — have asked Google to retain the data collected in those nations, which may be used as evidence in future legal proceedings. »

  10. […] effet, depuis plusieurs semaines les voitures aux mâts panoramiques étaient immobilisées suite au scandale (sic) de la récupération illégale et accidentelle des données échangées sur les réseaux […]

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  11. […] par mois, suivi par Live.com et YouTube. Fidèle à son habitude d’être « transparent mais pas trop« ,  le site de Google n’apparait pas dans le classement, auquel cas il serait […]

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