Le 8 janvier 2010

La taxe des publicités en ligne : la finalité d’un pays TTC ?


La taxe des publicités en ligne : la finalité d’un pays TTC ?

Nommée par le terme impropre de « taxe Google », le gouvernement français s’appuie sur le rapport Zelnik pour trouver les fonds où il le peut…

Rapport Zelnik ?

Le rapport Zelnik, du nom de son auteur, fait couler beaucoup d’encre. Patrick Zelnik est le PDG du label indépendant Naïve et du lobby européen Impala, le syndicat européen des sociétés phonographiques indépendantes, et a participé à ce rapport, en compagnie de Jacques Toubon et de Guillaume Cerutti, le PDG de Sotheby’s France.

« Surprenant » selon notre ministre de la Culture, « lâche » ou « obscène » selon nos confrères de Numérama ou PCInpact, le rapport propose, en plus de mettre en place une offre de musique légale, de taxer des supports physiques ou virtuels. Physiques, on connaissait déjà les CD et DVD vierges. Préparez-vous à voir aussi les cartouches d’encre. Virtuels ? La taxation des publicités en ligne, mais aussi une veille anti-monopolistique des moteurs de recherche.

Une taxe Google ?

Ce n’est pas un secret, après avoir racheté Doubleclick, Google, déjà ogre vorace et dominateur du Web, fait peur. Peur parce qu’il grossit très vite et sur tous les plans : Google Maps va s’attaquer aux GPS, Android aux OS des smartphones, Nexus commence à titiller l’iPhone d’Apple…

Avec une taxe de 1 à 2% sur les revenus publicitaires en ligne, l’État compte bien profiter de la croissance exponentielle de la firme américaine en s’attaquant à son revenu principal : la publicité, secteur que le rapport tient également à soumettre à l’Autorité de Concurrence.

La manne dégagée peut atteindre des sommets : 50 millions d’euros en 2010, 35 à 40 pour 2011 et 2012, rien toutefois en regards des profits dégagés. Et c’est ce qui trouble : le terme de Taxe Google est impropre, parce que n’importe quel moteur de recherche vivant de revenus publicitaires se verra taxé.

On remarque que les législateurs et les critiques ont souvent tendance à confondre domination du marché (car le moteur californien occupe 90% des parts de marché) et monopole, Google n’ayant ni privilège ni exclusivité dans le domaine de la recherche ou de la publicité en ligne.

Qu’en penser ?

Beaucoup de flou pour le moment : comme le précise Cyril Zimmermann, directeur de la régie publicitaire Hi-Media pour France24, il est problématique de taxer une société basée en Irlande sur les revenus engendrés en France.

De même, instaurer une taxe pour soutenir une industrie qui n’est toujours pas parvenue à s’adapter à l’évolution technologique et encore moins aux évolutions de ses consommateurs apparaît comme aberrant.

Le futur : après la musique, l’édition écrite… Mais tout cela dépend de l’adoption, ou non, de cette loi.

Les oppositions en ligne se font déjà sentir, et nul doute que les compagnies concernées par cette taxe ne vont pas tarder à contre-attaquer. Un bras de fer opposant d’un côté les législateurs, épaulés par les lobbyistes anti-Google (ils ne manquent pas) qui voient ces firmes comme des ennemies du web ; de l’autre les « victimes », condamnées à ne plus pouvoir « répondre aux attentes des internautes » si on les taxe davantage — malgré leurs astuces pour réduire leurs impôts…

source Article réalisé avec la participation de TOMHTML

Publié le 8 janvier 2010 à 0:35 par Romain dans Actualité

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14 commentaires

  1. sylvan lys a dit :

    Zelnik d’abord! Zelnik encore! Zelnik toujours!

    Z’elle nique le monde!!!

  2. Rémi a dit :

    Très bon article ! Félicitations !

    Meilleurs voeux au passage !

    Mais ne dit on pas « un bras de fer » plutôt qu’un « bras de faire » ?

  3. TOMHTML a dit :

    Merci Rémi, c’est corrigé.

  4. Romain a dit :

    Merci Rémi, Meilleurs Voeux !

  5. Knos a dit :

    A force de faire n’importe quoi dans ce gouvernement ils en deviennent ridicule … Taxé tous le monde pour aidé les quelques amis star qui on perdu quelques millions d’euro a force de ce foutre de leur public et consommateurs …

    Et vouloir bloqué le web qu’on aime de partout

  6. […] Un nouveau rapport fait couler beaucoup d’encre : Zelnik propose une taxe Google sur les revenus publicitaires en ligne. (via Zorgloob) […]

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  7. matafred a dit :

    Petite correction le PDG de Hi media c’est Cyril Zimmermann avec 2 M et non 2 N…

  8. ecoliere a dit :

    Une fois que la taxe existera, il sera toujours possible d’augmenter son taux. Certes, mais l’absence totale de prévision sur sa progression inquiète tous les experts : c’est justement quand les ménages anticipent une forte hausse du prix de l’énergie qu’ils se décident à changer leurs comportements.

  9. Romain a dit :

    @Matafred : Corrigé, merci !

  10. Dely a dit :

    Bon anniv’ à TOMHTML en passant ! (Commentaire très constructif)

  11. ActuaRef a dit :

    Irlande ou pas, tout bénéfice fait en France fait l’objet d’une taxe, au prorata du chiffre généré. Donc Google sera logiquement taxé. Cela dit, si Google ne veut pas payer, que va t’il se passer ? La France va bloquer l’acces à Google ??? Entamer un proces, comme pour Richard Cocciante ? Porter plainte en Irlande ?? Je vois mal comment la France pourrai obliger Google à payer. Cela dit, 1,5% de taxe sur le chiffre d’affaire reste plus que raisonnable. Si seulement ca pouvait etre pareil pour nos artisants …

  12. Romain a dit :

    @ActuaRef :

    Pour Google, oui.

    Mais on parle aussi d’une taxe sur TOUT site vivant de publicité en ligne, ce qui implique tous les sites utilisant adsense par exemple, ou adwords…

  13. […] Ag qui visent à enquêter sur les pratiques commerciales de Google, comme cela cela a été le cas en France (bien que cela soit, dans notre cas, demandé par notre […]

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  14. […] Zelnik et BDSV, voici Telefonica […]

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