Le 25 novembre 2009

Google répond aux critiques des sites d’actualités


Google répond aux critiques des sites d’actualités

La dernière salve en date de critiques contre Google Actualités pousse Mountain View à dévoiler quelques chiffres…

Suite aux critiques de Rupert Murdoch, le magnat des médias, à l’encontre de Google il y a deux semaines, la fronde des éditeurs de quotidiens en ligne revient de plus belle. Le milliardaire a en effet vivement critiqué la firme californienne qu’il accuse de se faire de l’argent en pillant son contenu de ses propriétés : The Sun, Fox News, The Times, le New York Post, le Wall Street Journal, … Il accuse également Google News de donner accès gratuitement aux articles de ses quotidiens alors même que ceux-ci sont en accès payant.

Les ennemis de mes ennemis sont mes amis

Dans l’interview à Sky News Australia, qui n’est autre que la chaîne de l’une de ses filiales, Monsieur Murdoch a indiqué réfléchir sérieusement à faire retirer ses sites de Google. S’il le fait, à titre d’information il perdra directement un quart des visiteurs pour le site du Wall Street Journal, soit un manque à gagner estimé à 15 millions par Business Insider. Quant aux contenus gratuits de Google Actualités, il s’agît tout simplement de l’application de la technique connue sous le nom du Premier clic gratuit (first click free) qui autorise les internautes à voir un seul article sans abonnement et toutes les autres pages pointent vers un formulaire d’inscription. Un mécanisme que connaissent sans doute très bien les équipes techniques de News Corp.

La semaine dernière, quelqu’un a émis l’idée que les éditeurs puissent être payés pour retirer leurs sites de Google, ce qui aurait ni plus ni moins pour effet de tuer Google. Cette idée a germé tout au long de la semaine à tel point que Microsoft a avoué étudier cette possibilité : Redmond paierait les plus grand sites à coups de millions de dollars pour qu’ils se désindexent de Google. La théorie veut que les internautes ne trouvant pas ce qu’ils cherchent, ils se replieraient vers Bing ou là les sites seront présents voire mis en avant. La réalité risque bien d’être la suivante : vous recherchez le site de Sky News, le premier résultat étant la fiche Wikipedia de la chaîne d’informations anglaise vous cliquez dessus, et depuis cette fiche vous cliquez sur le lien menant à son site officiel…

L’empire contre-attaque

Les responsables des relations publiques de Google ont été très sollicités à ce sujet ces derniers jours, mais la première réponse officielle de l’entreprise vient d’être publiée par Alberto Arebalos sur le blog de Google News en Espagnol. En voici quelques extraits, traduits par nos soins, en retirant les passages où la firme fait la morale aux éditeurs en expliquant que c’est à eux de s’adapter :

Premièrement, voyons les faits [face à cette polémique] : aucun média n’est inclus contre son gré dans Google Actualités ou dans le moteur de recherches, il existe en fait des mécanismes connus et acceptés par tous webmasters du monde entier pour qu’un site ne soit pas indexé ou inclus dans le Google News. La tarification des contenus n’est pas un problème pour participer au Google News.

Google n’est pas en concurrence avec les médias : il produit du contenu, mais estime que les utilisateurs devraient être en mesure de choisir quoi, quand et comment accéder et lire les informations dont ils ont besoin et d’évaluer le plus grand nombre de sources. […]

Ainsi, Google envoie quatre milliards de clics par mois aux sites d’actualités, à raison d’un milliard depuis Google Actualités et trois milliards depuis la recherche web, ce qui équivaut à 100 000 clics ou visites par minute à près de 25 000 médias dans les 30 langues dans lesquelles le service est disponible. Chaque clic est une occasion d’affaires pour le site qui de destination, permettant à chaque journal ou publication en ligne de vendre des annonces publicitaires, de proposer aux utilisateurs de s’inscrire et de gagner des lecteurs fidèles. […]

À titre d’information, nos partenaires Google AdSense perçoivent chaque année cinq milliards de dollars (uniquement ceux présents dans Google News ?, ndlr)

Les statistiques de Hitwise confirment l’importance de Mountain View sur les journaux américains en ligne, puisque plus de 23% de leurs visiteurs en moyenne leurs sont envoyés grâce à l’une des dépendances de Google.

À l’heure où sont écrites ces lignes, les sites de Murdoch sont toujours présents dans l’index de Google et avec les chiffres dévoilés ci-dessus ont pourrait imaginer que leurs fichiers robots.txt ne vont pas changer de si tôt. Toutefois, avec la ténacité de patron de News Corp, tout est toujours possible…

Publié le 25 novembre 2009 à 1:06 par dans Actualité

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10 commentaires

  1. LebossTom a dit :

    Mais l’histoire ne dit pas si Google retire les requêtes navigationelles de ces statistiques… Je pense que cela n’est pas le cas.

    Vu le nombre de requêtes associées aux URL / ou nom de marque c’est une précision importante qui impliquerait que les clics (4 milliards) en provenance de Google soit complètement surestimée.

  2. TOMHTML a dit :

    Qu’est-ce que tu appelles « requêtes navigationelles » dans le cas présent ?

  3. Impressionnant la réplique de la concurrence et la menace est sérieuse je pense. Passer par wikipedia pour rediriger surs les sites, peut faire mouche. Plus de précision sur tous les chiffres cités (comme les 5 milliards reversés ? Il me semble avoir lu récemment que Google avait 15% du CA reversé et que cela se montait déjà à quelques milliards par trimestre).

  4. Peter Potrowl a dit :

    @tomhtml :
    Je pense qu’il parle des gens qui tapent « le Monde » dans Google plutôt que dans leur barre d’adresse pour accéder au site du Monde.

    C’est une pratique que je trouve barbare, à l’époque des barres d’adresse intelligentes, mais la quasi-totalité des non-geeks que je connais procède ainsi…

  5. Luka a dit :

    Beaucoup de gens qui découvrent les interwebs ne connaissent pas et ne comprennent pas la différence entre la barre d’adresse et le champ de recherche de Google.

  6. TOMHTML a dit :

    Ah ok je comprends mieux. Mais ça ne change rien au problème : je ne vois pas pourquoi, Lebosstom, tu pense que le nombre de clics est surestimé. Si demain tous ces sites sont désindexés, c’est bien 4 milliards de visites en provenance de Google qu’ils perdront.

  7. Blacklisted a dit :

    @ Peter :
    Remarque pertinente, mais pour travailler avec des geeks toute la journée, je t’assure qu’ils tapent tous directement dans google… c’est là qu’ils sont forts (google 😉 – enfin j’ai pas de stat précis à ce sujet, je ne parle que de mon entourage !
    En revanche concernant le billet, heureusement que GG est pas aussi susceptible que Murdoch, car si tous leurs sites étaient supprimés… ils se rendent pas compte à quel point ça leurs feraient mal au c*l ! ^^

  8. eiffel a dit :

    certains auraient payer pour mieux indexer par Google (ils payent des entreprises spécialisés dans le référencement) et maintenant, ils veulent le contraire ? c’est absurde !

    ils sont incapables de monetiser leurs contenus donc ils veulent que ce soit google qui s’en chargent pour eux, c’est lamentable !

  9. […] changement d’attitude de la part du moteur de recherches fait suite aux critiques de Rupert Murdoch face à ce qu’il estime être du pillage de contenu par Google. Pas sur que cette nouvelle le […]

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  10. Vincent a dit :

    Question idiote: pourquoi Murdock veut-il vraiment enlever ses sites de Google, puisque cela lui ferait perdre de l’argent ???