Le 14 octobre 2009

2010 : l’année du titanesque Google Edition


Google books Les libraires vont encore moins apprécier…

Le virage redouté par certains, à l’issue de l’annonce de l’Expresso Books Machine le mois dernier, devrait se dresser en 2010 : en effet, à l’issue de la Foire du livre de Francfort, Google a annoncé se lancer dans la vente de versions numérisées de livres, avec une vague titanesque de 2 000 000 titres. Une aubaine pour les librairies en ligne, dont les éditions seront intégrées au moteur de recherche. Pas d’acheteur ? Aucun problème, Google Édition fournira gracieusement 20% du livre en libre lecture, largement suffisant pour se faire une meilleure idée de l’ouvrage.

Mais Google ne se borne pas à proposer la vente dans son enceinte, et c’est le plus malicieux : le géant californien percevra 37% des ventes si l’internaute souhaite acquérir un ouvrage (63% pour les ayant droits), mais… 55% si la vente s’effectue vers l’un de ses 30 000 éditeurs partenaires ! Difficile d’accuser Google de ramener la couverture vers lui dans ces conditions…

Les ouvrages seront consultables sur tout terminal connecté, seront gérés via un cache si la lecture est interrompue et pourront également être téléchargeables en version PDF.

Google a dès lors un choix royal : décider de rendre ses éditions concrètes via l’Expresso Books Machine, ou maintenir sa ligne de conduite afin d’élargir sa diffusion : séduire les amoureux du papyrus et imposer sa plate-forme de vente en ligne d’e-books.

Pas encore convaincu ? Pourquoi un choix royal ? La mécanique est très astucieuse : Google joue sur les deux tableaux : les personnes dites traditionnelles, qui aiment le contact d’un ouvrage, avec l’Expresso Books Machine et, d’un autre côté, les fans de technologie, avec Google Edition. Par ailleurs, le produit de la multinationale sera plus rentable en misant vers ses partenaires, avec un pourcentage plus élevé. De plus, Google relancera le service Google Checkout, qui était en nette perte de vitesse.

Une dernière étude, a été présentée dans ce même salon : extrêmement intéressante, LibreDigital a déterminé le comportement des utilisateurs dans ce cas de figure. Si certains en doutaient encore, cette étude en apporte la preuve, un internaute ayant accès à un chapitre d’un livre est plus enclin à en acheter la version complète. Une aubaine pour les nouvelles éditions… mais aussi les anciennes ! De plus, les femmes sont les plus curieuses : elles passent 70% plus de temps que les hommes à glaner dans les librairies virtuelles.

Sans surprise, les romans d’amour arrivent en tête (heures de lecture relevées en pic : 23h00-01h00) , suivis par ceux destinés aux têtes blondes (16h00-23h00), puis sur la dernière marche du podium, les ouvrages professionnels (09h00 – 17h00). L’étude va encore plus loin : un lecteur « lambda » passera plus de 15 minutes à lire un livre, en moyenne 45 pages. Et les adultes sont plus enclin à partager les liens par e-mail, quand les plus jeunes utilisent les réseaux sociaux… Diabolique, non ?

Pendant ce temps, les critiques envers le projet Google Books sont de plus en plus présentes — dans la presse tout du moins. Dernière en date, la chancelière allemande Angela Merkel. Elle estime que Google Books ne garantit pas les droits d’auteurs. La même polémique est en cours de l’autre côté de l’Atlantique, à tel point que Sergey Brin a rédigé un papier pour le New York Times pour soutenir Recherche de Livres. Le milliardaire s’éloigne du conflit opposant l’éditeur Google aux auteurs européens, américains et mêmes asiatiques pour se mettre du point de vue du lecteur qui ne comprend pas les craintes des auteurs, gérants de collections et ayants-droits.

[Article réalisé par Romain, avec la participation de TOMHTML]

Publié le 14 octobre 2009 à 20:38 par dans Actualité

1 commentaire

  1. […] du système américain. D’un autre côté, la France n’avait pas apprécié la venue de Google Edition et Google Books, tout comme […]

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