Le 15 avril 2009

Dans les coulisses de Google Street View


Google streetview Alors que ce mercredi, les voitures de Google feront leur apparition au Portugal, nos confrères de TechRadar lèvent un coin du voile qui plane sur le projet Street View

Pas plus tard qu’hier, nous vous annoncions la venue des véhicules de Google Street View au Danemark. Aujourd’hui, c’est au Portugal qu’on risque de les apercevoir. Selon un article de l’agence portugaise Lusa, c’est à Porto et Lisbonne que devraient rouler les bolides dans un premier temps, et ce dès ce mercredi. Braga, ville du nord du pays et connue pour être le lieu de naissance de Marie Myriam (sic), devrait être photographiée sous toutes les coutures cet été.

Les vues à 360 degrés de ces villes devraient être disponibles sur Google Maps d’ici la fin de l’année, d’après Ines Goncalves, la responsable marketing locale du géant de la recherche. Le Portugal est ainsi le 25ème pays conquis par l’armada de Google.

Google Street View Europe couverture avril 2009
La couverture de Google Street View en Europe, en bleu actuelle, en vert à venir.

Pendant ce temps, nos confrères britanniques de TechRadar ont pu interviewer Ed Parsons, le spécialiste de la géolocalisation chez Google Royaume-Uni. Il représente l’entreprise californienne pour Google Maps, Street View et les applications pour téléphones portables.

Alors qu’il avait refusé jusqu’à présent de révéler le nombre de voitures et d’employés travaillant sur Street View au Royaume-Uni, Parsons explique que les véhicules sont « une dizaine ». Les conducteurs sont des contractuels plutôt que des employés, tandis que les voitures appartiennent à Google.

« Nous avons dû apporter quelques modifications aux voitures, donc nous les avons achetées », souligne Parsons. Il s’agît d’Opel Astra et de Vauxhall. « Nous les avons choisies parce que nous pouvions facilement interfacer le tableau de bord de la voiture; nous devions pouvoir nous y connecter. »

Par ailleurs, comment un conducteur choisit la route la plus efficace pour circuler dans de la ville ? Sûrement une puissante application de Google qui calcule la meilleure route et l’envoie au GPS du pilote, non ? La vérité est un peu moins technique. « Tout repose dans les mains des pilotes parce qu’ils ont tendance à connaître les zones », dévoile Parsons. « Nous leur disons de couvrir absolument toutes les rues dans lesquelles il est possible de conduire. Ceci est un élément majeur de ce que nous faisons. Nous ne conduisons que dans les voiries publiques donc le conducteur les suit et conduit dans son propre voisinage. »

Néanmoins, cela ne fonctionne pas tout le temps parfaitement : « Épisodiquement, il peut y avoir des routes qui sont en travaux, ou des camions stationnant au milieu de la rue. Il arrive également que le conducteur rate la rue. Nous devons alors revenir à une date ultérieure. » Ceci explique les trous occasionnels dans Street View. « Si vous regardez aujourd’hui Street View au Royaume-Uni, il y a des routes bizarres qui manquent pour apparemment aucune raison » ajoute-t-il. « Ce sont des choses sur lesquelles nous devons revenir pour les remplir. »

Sans surprise au Royaume-Uni, la météo n’est pas toujours au rendez-vous. « Un temps nuageux est satisfaisant pour la luminosité, nous dit Parsons, mais s’il pleut, les voitures ne sortent pas ». Une fois que la voiture est sur la route, le système fonctionne sans aucune autre assistance que le conducteur. « Le système est complètement automatisé » affirme le spécialiste. « Grosso modo, ils allument la machine dans la matinée, une fois que le système a détecté le stationnement du véhicule et qu’il s’est stabilisé, le conducteur commence alors à conduire – ils n’ont pas à s’inquiéter du système, tout est complètement automatisé. »

Dans le cadre de ce processus automatique, les appareils en haut du mât fixé sur le toit de la voiture prennent aussi les photos dans le bon ratio et sont ensuite assemblés ensemble lorsque les données sont téléchargées. Ed Parsons nous détaille comment le système fonctionne : « Tout comme les appareils photos sur les voitures, le dispositif GPS est très précis et il est mis à jour tout le temps, par conséquent toutes les photos sont géocodées et – parce qu’il y a un mouvement d’inertie du fait de la voiture – nous connaissons dans quelle direction elles pointent. Les photos sont géocodées et enregistrées dans un disque dur qui se situe dans le véhicule. A la fin de la séance de conduite, nous sortons le disque dur et nous commençons à étudier les données ».

Comme vous pouviez vous y attendre de la part de Google, le processus est effectué dans le Nuage. « Nous donnons les disques durs à l’un des deux ou trois centres de données en Europe. Ils téléchargent ensuite les données sur leur réseau. Il est difficile de dire où exactement est traitée telle photo » ajoute Parsons.

Google Street View ne fait pas que des heureux. Lorsque les voitures « Street View » sont arrivés à Broughton dans le Buckinghamshire, un groupe de résidents en colère ont bloqué la suite de leur travaux. Broughton possède déjà une espèce de galerie d’images de leur propre village sur leur site internet. Ceci pouvant expliquer cela…

« Mais la plupart des gens n’ont pas même aperçu les voitures de Google » nous raconte Parsons. J’ai conduit à deux ou trois occasions avec les conducteurs et je pense que seulement 10% des gens que nous avons croisé nous ont remarqué. La plupart des gens dans leur vie de tous les jours poursuivent simplement ce qu’ils sont en train de faire et ne font pas attention au trafic.

« De temps en temps, vous pouvez remarquer quelqu’un qui remarque que vous êtes en train de shooter pour Street View » ajoute Parsons. « Si vous regardez attentivement les photos prises derrière la voiture, vous pouvez apercevoir occasionnellement des gens en train de se retourner et de nous pointer du doigt »

Quelques communautés bien organisées ne se déguisent-elles pas en poulet afin que vous deviez retirer les photos ? « Non » s’esclaffe l’employé de Google, « nous ne nous disons jamais : OK, nous allons conduire dans cette rue en particulier tel jour – et le plus souvent on ne le sait tout bêtement pas car c’est à l’appréciation du conducteur – nous ne pouvons donc pas alerter les gens que nous conduirons tel jour dans tel rue. Et c’est probablement la meilleure manière de le faire ! »

Ci-dessous, une vidéo montrant les coulisses de Street View à Paris, suivie de la présentation d’un artiste qui s’inspire de l’application de Google pour réaliser ses peintures.

[Un très grand merci à Sylvadoc pour la carte ainsi que pour la traduction. Article traduit avec l’aimable autorisation de ]

Publié le 15 avril 2009 à 5:59 par dans Actualité

4 commentaires

  1. d.durand a dit :

    Salut,

    On voit actuellement les « Google cars » à Lausanne (Suisse)
    a+
    didier

  2. ThomasF a dit :

    juste une remarque de form : dommage de ne pas avoir utiliser une carte de l’europe made in Google Charts pour la couverture géographique ! 🙂

  3. TOMHTML a dit :

    @Thomas : j’ai passé près d’une heure sur Google Docs cette nuit, avec Spreadsheets et son gadget pour les cartes. La carte n’a jamais voulu se colorer, malgré le format correct et le retour JSON du gadget OK. D’ailleurs à cette heure ça ne fonctionne toujours pas.

  4. Jim Biscuit a dit :

    La Google car a été repéré en Belgique cette semaine, a Bruxelles, Namur et Liège.