Le 7 août 2008

Quand Google drague la Chine…


Google Chine Vous pensiez que c’était aux États-Unis, en anglais, qu’étaient disponibles les plus récents outils de Google ? C’est derniers temps, c’est plutôt du côté de la Chine qu’il faut regarder.

La Chine, c’est le nouvel eldorado de Google. Il suffit de regarder les nouveautés lancées ces derniers mois exclusivement dans ce pays pour s’en rendre compte. Nombreux sont ceux qui ont critiqué le moteur de recherche pour censurer des résultats, notamment relatifs aux droits de l’Homme ou aux protestations de la place Tiananmen en 1989, mais qu’importe, Google reste une entreprise, gagner des parts de marché prévaut aux slogans humanistes du type « don’t be evil« .

En Chine, Google n’est utilisé que par 23% des internautes, ce qui représente tout de même 58 millions de personnes – plus que les 90% atteints en France. L’enjeu est énorme, battre Baidu et ses 58% de parts de marché est donc la principale mission de Google à l’étranger depuis plusieurs mois. Certains produits sont lancés exclusivement en Chine, en chinois. Faisons-en le tour.

En Avril, les chinois voyaient débarquer un petit bonhomme au dessus du champ de recherche, dont la fonction est donner des conseils d’utilisation de Google – « saviez vous que vous pouvez entrer des opérations mathématiques, Google les résoudra !« . Ceci n’est pas sans rappeler l’insupportable trombone parlant de Microsoft Office, en moins dérangeant toutefois. Un mois plus tard, c’était un dictionnaire à télécharger, enrichi d’images, que lançait Google en Chine. Son nom : Google Golden Mountain PowerWord. Il contient des définitions en chinois et en anglais. Par ailleurs, le même mois, les membres de « Laiba Tianya« , un forum partenaire de Google, se sont vus offrir 1 Go d’espace pour mettre en ligne leurs photos. Google a également fait l’acquisition du portail 265.com, histoire d’augmenter son territoire dans ce domaine.

Mai est également le mois qui a vu un puissant séisme frapper la province du Sichuan. Deux mots d’ordre pour la multinationale : aider et compatir. Page pour les dons avec Google Checkout, un doodle tout triste, des cartes Google Maps pour informer des lieux touchés, et même un graphique pour nous expliquer à quel point Google est touché par cette catastrophe (moins de recherches, donc moins de clics sur les pubs, donc moins de revenus pour la compagnie). On ne peut pas dire que Google soit resté indifférent, la firme a été même plus active que lors du tsunami de 2004 ou du cyclone Katrina dévastant la Nouvelle Orléans, où elle s’était pourtant impliquée.

Peu après, la vie a continué et les produits ou améliorations pour les asiatiques ont continué. C’est ainsi qu’a été lancé Gaokao Zhuanti, un outil spécialement dédié aux futurs universitaires. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet sur Google Blogoscoped ou sur le blog officiel de Google en Chine. La Bourse chinoise a été ajoutée à Google Finance, et c’est sur cette version qu’a été testé en avant-première le (léger) relooking de cet outil. Amélioration plus visible cette fois sur le Google Images local, qui classe les photos par catégories et indique en bas de la page les requêtes les plus populaires en Chine sur Google Image.

Le réseau Laiba Tianya a également lancé un outil de prédiction des évenements, dont les graphiques sont dictés par les votes des utilisateurs. Vous en avez sans doute entendu parler : Google s’est lancé dans la recherche de fichiers MP3. L’outil n’est accessible qu’en Chine, du moins, avec une IP chinoise. Mais ce n’est pas tout, puisque les musiques peuvent être jouées directement sur le moteur : oui, comme Deezer. C’est la principale différence entre ce moteur de recherche-ci et Google Music Search, accessible dans partout dans le monde. Le tout dans le but de concurrencer Baidu, qui permet cela depuis bien longtemps.

Enfin, comment se quitter sans parler des Jeux Olympiques ? Impossible d’y échapper, la promotion « Pourquoi aller à Pékin cet été ? Retrouvez les Jeux sur Google ! » est sur toutes les pages d’accueil de Google aujourd’hui. Il faut dire que le conglomerat de Mountain View s’est donné du mal pour être présent pour ces jeux, sans pour autant être un partenaire officiel. Première victoire, les pays qui n’ont pas signé de contrat de diffusion télé des J.O. pourront visionner 3 heures d’épreuves en tous genres chaque jour sur Youtube, a confirmé le Comité International Olympique. 77 pays sont concernés. Tous les outils de Google sont (ou seront bientôt) mobilisés pour l’événement : iGoogle et sa myriade de gadgets, le Google News chinois qui se dote d’un gadget lui aussi, Google Earth avec une nouvelle imagerie pour la Chine et le village olympique reconstitué en 3D avec SketchUp, sans oublier le moteur de recherches lui-même qui affiches des encarts – les fameuses Oneboxes – pour ces jeux olympiques, dont voici les icônes. [merci FJ]

Et au passage, un nouveau logo est apparu sur la page d’accueil de Google en Chine :

google chine logo cyclisme

Le cyclisme est à l’honneur [Merci Pascal], et ce n’est que le début.

Vous l’aurez compris, les développements spécifiques par les Chinois et pour les Chinois s’intensifient et continueront tant qu’il y aura des millions et milliards d’utilisateurs-cliqueurs à conquérir. La nouvelle conquête de l’Ouest en somme.

Édition du 9 août : un autre service intéressant est à signaler : Google Alert SMS en Chine, qui permet de recevoir des SMS en fonctions des résultats sportifs des JO. Choisissez le sport, et attendez-vous à recevoir un message par jour en moyenne. Du moins, si vous vivez en Chine. Il y a même une catégorie pour recevoir la météo de sa ville par SMS.

Publié le 7 août 2008 à 22:54 par dans Actualité

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