Le 23 mai 2008

Un point sur Google Maps Street View


Google streetviewZorgloob fait le point sur les vues panoramiques offertes par Google et leur arrivée prochaine sur le vieux continent.

Depuis leur lancement il y a un an, les vues panoramiques de Google n’ont cessé de faire parler d’elles. Cela va aller crescendo dans les prochain mois, avec l’arrivée de Google Maps Street View en Australie, en Nouvelle-Zélande, et bien sur en Europe.

Zorgloob suit l’avancement de ce projet, qui risque d’attirer à la fois l’intérêt et l’inquiétude des peuples, comme l’a fait Google Earth en son temps. Google Earth et Street View ont en effet ce point commun de toucher les personnes concrètement, même celles qui n’ont pas internet. Ce n’est pas vous qui allez sur Google, c’est Google qui vient à vous.

Dans l’optique d’en savoir plus à ce sujet, nous avons contacté plusieurs responsables et portes-parole de ce projet. La communication au sujet de l’arrivée prochaine de ce service sur le vieux continent est limitée. Cela est dû au fait que projet est encore actuellement en phase de tests et qu’il n’est pas encore prêt, puisque les véhicules de Google continuent de photographier les rues. Certains ont pu les apercevoir dans l’Essonne, à Barcelone et à Valence, entre-autres…

Selon nos informations (merci Renaud), il y aurait une trentaine de véhicules dans le parc automobile « street view » de Google en France. Une fois la capitale française entièrement photographiée ainsi que les grandes agglomérations françaises, les véhicules s’attaquent à la banlieue parisienne et même… au parcours du Tour de France ! Pas bête, c’est un bon moyen de promouvoir le service.

A ce jour, les vues à 360° degrés ne sont disponibles qu’aux États-Unis. Toutefois, ce sont les équipes européennes de Google qui supervisent le projet en ce qui concerne le passage des véhicules en France, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, … De plus en plus, les projets destinés à l’Europe sont pensés et conçus en Europe, nous explique Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, responsable de la communication de Google France. Nous avons à Zurich un important centre de recherche qui travaille avec des ingénieurs européens pour concevoir des produits destinés à l’Europe, notamment les outils de géolocalisation.

Une nouveauté de taille, qui pourrait faire son apparition en Europe et sans doute en Océanie, est la 3D. Cela n’est pas confirmé au niveau européen, mais un communiqué de Google outre-Atlantique affirme que « la technologie de l’imagerie inclus des scanners qui collectent des données géographiques 3D ». D’autres dispositifs cartographiques seront peut-être envisagés. S’agit-il de données qui seront utilisées pour réaliser des modèles 3D dans Google Earth ? Nous, nous le pensons. Des données qui seraient utilisées pour réaliser des modèles 3D dans Google Earth. Ce domaine est déjà fortement exploité dans les grandes agglomérations américaines, mais aussi en Allemagne, pas suffisamment dans le reste de l’Europe, pour l’instant.

Il y a quelques semaines, Google Maps commençait à flouter les visages des personnes dans ses Street Views, à Manhattan. Nous savons à présent que ce dispositif sera mis en place en France et en Europe également. Suite aux inquiétudes de l’Union Européenne, la position de Google au sujet du respect de la vie privée est très claire. Nous flouterons aussi les plaques d’immatriculation et, dans certains cas, ils se peut que la qualité des images soit volontairement dégradée pour respecter la vie privée des personnes en présence, ajoute Mme Dauba-Pantanacce.

De plus, nous évitons de faire passer les véhicules dans des endroits privés, seuls les lieux publics sont pris en photo. Google est en effet entré en contact avec des autorités pour se prémunir des problèmes rencontrés aux États-Unis. Si toutefois un problème venait à apparaître, le lien permettant de signaler une photo comme inappropriée ou violant la vie privée reste actif pour permettre à tout un chacun de faire respecter ses droits et retirer une photo inappropriée.

A la question de savoir si des villes ont demandés à ne pas être « scannées », ou au contraires si d’autres ont demandé à l’être, on nous répond que non, pas pour l’instant. Mais cela est dû au fait que ces nouveautés de Google Maps sont encore peu connues en Europe, continue la responsable de la communication. Je pense qu’une fois les premières images françaises et européennes mises en ligne, certaines villes ou régions verront l’intérêt que peut leur apporter Google Maps & Street View en termes de notoriété et de mise en valeur de leur patrimoine. Selon Comscore, il y aurait 40 millions des visiteurs uniques chaque mois sur Google Maps, en Europe, contre 32 pour tous les concurrents réunis. La part de marché du géant de la recherche grimpera probablement encore après le débarquement des Street View.

Les sites spécialisés dans le recensement de vues insolites de Google Maps Street View, et qui rencontrent un réel succès, vont encore avoir de la matière première. Malgré les dispositifs détaillés ci-dessus. Si une vue prise dans un lieu public ne trouble en rien l’ordre public ou les lois locales, il n’y a pas de raison de la supprimer. Il est vrai que parfois la technologie nous réserve quelques surprises, à l’image du floutage d’un cheval à Manhattan ou des cascades involontaires

Nous savons que des concurrents sont actuellement en train de scanner, eux aussi, les rues de la capitale française à l’aide d’un véhicule. On vous en dira plus très prochainement sur Zorgloob. Le site des Pages Jaunes propose depuis quelques années déjà une collection de vues d’immeubles de villes françaises et espagnoles. Qu’est-ce que Google Maps Street View apportera de plus aux internautes européens ? La force de Google, celle que retiendront sûrement les futurs utilisateurs de ce Street View, c’est la possibilité de réunir en un seul service autant d’information, répond Mme Dauba-Pantanacce. La possibilité de se balader comme si on y était dans des dizaines de villes en Europe avec des vues à 360°, suivre un itinéraire uniquement avec les vues du sol, trouver facilement des commerces et les identifier facilement grâce à une photo, tout cela est tout de même unique en son genre. Effectivement, difficile de contrer de tels arguments. Surtout si la 3D s’avère finalement être de la partie.

Les villes choisies pour être photographiées, dont une liste quasi-exhaustive est disponible ici, l’ont été en fonction de leur capital touristique. D’où la nécessité de les présenter sous leur meilleur jour. Une bonne luminosité lors du passage des véhicule est donc primordiale pour cela. L’un des objectifs est de promouvoir les différentes régions, notamment en France, leur patrimoine. Mais ce n’est qu’une première étape, puisque d’autres villes seront sans nul doute photographiées sous toutes les coutures à l’avenir. La suite au prochain épisode…

Les véhicules se baladent dans les rues de France depuis maintenant quatre semaines, quand les internautes pourront-ils consulter ces images sur Google Maps ? D’ici quelques mois. On en saura pas plus, effet de surprise oblige.

Enfin, nous ne pouvions achever cet entretien sans poser une question, qui devient récurrente, concernant un éventuel futur blog officiel pour Google France. C’est dans les cartons, on y pense… [nous aussi, ndlr]. Google a beau être une grande entreprise internationale, cela reste par certains aspects une start-up, des petites équipes qui cohabitent et travaillent dans un but commun. Les équipes d’Adwords, d’AdSense, de Google Maps et même celle de Youtube France ont leurs blogs. Il faut du temps et des ressources pour alimenter un blog de qualité, vous êtes bien placé pour le savoir, donc tout cela se fait petit à petit, doucement mais sûrement. Quand ça sera prêt, vous le saurez. Vous aussi, chers lecteurs.

[Merci à A.G., Stephen Chau, Larry Yu, Kazhar, Luka, Sylvain, Madrileño, Szarah, Pierre, Benjamin, Pascal et Renaud]

Publié le 23 mai 2008 à 14:52 par dans Actualité

1 commentaire

  1. Cette polémique n’a aucun sens et réunit une majorité de moutons. Les gens qui ne veulent pas qu’on photographie leur façade veulent se protéger de quoi exactement ? Est-ce que leurs rues sont interdites aux touristes avec leurs appareils photo en bandoulière et qui vont ensuite publier leur clichés sur Flickr ? Est-ce que Google permet qu’on clique sur une façade pour connaitre son occupant, ses habitudes et turpitudes, le contenu de son frigo ou la couleur de son slip ce matin ? Allons…