Google n'aime pas le spam, le cloaking, et depuis peu les échanges de liens payants. Quelles sont les véritables raisons pour lesquelles la firme californienne condamne ces paid links ?
Avant de chercher à comprendre pourquoi Google condamne l'achat de liens, rappelons d'abord pourquoi certaines personnes vendent et achètent des liens. Le moteur de recherche classe les résultats en fonction de la requête de l'internaute, bien entendu, mais aussi en fonction de la popularité des pages. Cette popularité est calculée à partir du nombre de liens qui pointent vers la page en question (ce sont les fameux backlinks) mais aussi en fonction de la popularité des sites qui font ces liens. Ainsi, une page recevant 2 liens de sites importants sera sans doute mieux classée que celle recevant 20 liens de sites de faible notoriété. L'un des indices de cette popularité est le Page Rank. Si des sites dits "de confiance" (on parle alors de Trust Rank) font des liens vers un site, Google tient alors compte de cela et augmente l'indice de confiance du site en question.
On comprend alors pourquoi certains sites en mal de notoriété, et de visiteurs, cherchent à obtenir des liens venant de sites importants. Comprenant ce principe et remarquant la part importante qu'occupent les moteurs de recherches de nos jours, certains n'hésitent pas à vendre et acheter des liens pour leurs sites. Les personnes concernées par ces échanges peuvent être des webmasters, des sociétés de marketing en ligne, ... Le plus généralement, ces liens sont destinés aux sites commerciaux qui ont des difficultés à obtenir des liens naturels. Les paiements sont plus ou moins discrets en fonction de l'importance des sites concernés.
Les échanges de liens (réciproques, gratuits), les partenariats, les ventes d'espaces publicitaires existent depuis longtemps et Google ne s'en soucie guère. Au contraire, les liens achetés sont considérés comme des ennemis par Google. D'autres moteurs de recherches y sont également opposés, mais la firme de Mountain View est la plus virulente à leur sujet. Lors d'une conférence aux Search Engine Strategies de San Jose, le gourou Matt Cutts a clairement indiqué qu'il était opposé à cette pratique. Il l'accuse de fausser les résultats, auquel cas elle doit être considérée au même titre que le spam. C'est d'ailleurs pour cela qu'il existe un formulaire "paid link report", au même titre que le "spam report", pour dénoncer les sites qui vendent des liens. Une vraie chasse aux sorcières.
Matt Cutts a toutefois indiqué que ces types de liens pouvaient être acceptés, sous certaines conditions seulement. Ainsi, Google ne trouvera rien à redire si vous ajoutez l'attribut "rel=nofollow" au lien, si vous ne faites pas un lien "en dur" mais passez par une page de redirection dont l'accès est bloqué aux moteurs à l'aide du fichier robots.txt, si vous faites un lien en JavaScript, etc. De belles paroles pour pas grand chose. Acheter un lien muni d'un nofollow est aussi utile que d'acheter une Formule 1 sans son moteur : c'est bien beau mais ce n'est pas avec ça que vous terminerez en première position...
Alors pourquoi le géant de la recherche redouble-t'il d'efforts dans la lutte contre l'achat de liens ? Lors de la conférence à laquelle participait Matt Cutts, Michael Gray - directeur d'une agence de référencement - a répondu à cette question. Outre les raisons avancées par Google, qui sont justes, il y a des raisons plus officieuses. En éliminant de son index les sites qui vendent et/ou achètent des liens, Google remplit les résultats des requêtes commerciales avec des liens non-commerciaux. Donc lorsqu'un internaute cherche à effectuer une action commerciale (achat, inscription, ...) les seuls résultats pertinents sont les liens publicitaires AdWords. Chaque clic sur l'une de ces publicités fait entrer de l'argent dans les caisses de Google. La publicité représente 99% des revenus de Google, on comprend mieux pourquoi cette compagnie préfère voir les internautes cliquer sur leurs pubs plutôt que sur les liens naturels qui ne leur rapportent rien.
D'autre part, Google essaie par tous les moyens de faire peur à ceux qui seraient tentés par l'achat de liens. "Si vous achetez des liens, nous vous supprimerons de notre index et vous perdrez du trafic et des revenus" comprennent les acheteurs potentiels de liens, qui se rabattent alors sur le service Google AdWords. Encore de l'argent dans les caisses de Google. Certains bruits courent selon lesquels Google développerait des algorithmes qui permettraient de détecter les liens vendus. En vérité il n'en est rien, et c'est bien là le plus gros problème de Google : ils n'ont aucun moyen de détecter ces types de liens, parce que techniquement, ils n'ont rien de différent par rapport aux liens classiques. Le moteur peut ainsi détecter des éventuels liens achetés : un lien vers un site de casino en ligne sur site consacré de recettes de cuisine sera sans doute facilement détecté par Google. Mais pas plus.
Google a développé un algorithme basé sur des liens, explique Michael Gray. Cet algorithme est faillible. Google attend de vous que vous changiez votre modèle économique pour compenser leurs failles. Au dernier trimestre, Google a gagné 1,12 milliards de dollars. Ils veulent que vous sacrifiez vos bénéfices pour garder le leur rentable. Et en plus ils veulent que nous le fassions gratuitement... Google s'érige ainsi contre les liens payants et s'efforce de vous persuader que si vous achetez des liens, vous enfreignez la Loi et l'éthique. Google n'est pas le gouvernement. Pas encore. Ils ne peuvent pas outrepasser les lois et juger votre éthique. Google est sorti de ses limites. Sa mission est d'organiser l'information. Ils n'ont pas pour mission de vous dire comment vous devez faire votre site. Ils n'ont pas pour mission d'acheter ou de vendre de la publicité. Ils n'ont pas pour mission de vous dire comment faire tourner votre business...
[Article réalisé à l'aide du compte rendu du SES par SE Roundtable et à l'aide du résumé d'Amit Agarwal]
Je ne vois pas pourquoi l'échange de lien "gratuit" (par accord entre 2 sites qui veulent tous 2 ajouter l'autre comme référenceur) serait moins condamnable que sa version payante. L'échange de lien, payant ou pas, est une bêtise qui ôte toute valeur au lien (qui n'est plus le signe d'un intérêt du référenceur mais d'un accord sans valeur pour l'internaute)
Je pense aussi que c'est absurde finalement. L'échange de lien gratuit en partenariat n'est finalement pas "sans intérêt", le principe est le même, du gagnant gagnant pour amener du trafic d'une part en version officielle, mais le but est (aussi)réellement de gruger les moteurs de recherches.
Bref, le fait que la vente de lien se soit démocratisée ne change rien au problème. A voir, peut être qu'une piste à explorer serait que la véritable explication de cette chasse au sorcière serait voulue plus pour donner une image éthique à Google.
Ca se complète avec les 2 pistes que tu avances, une 3ème piste à voir peut être... J'en ferais peut être un billet si je n'ai pas la flemme ;-)
Je suis archi d'accord avec javarome ! Basez le calcul du PR d'un site sur le nombre de liens pointant vers la page d'accueil m'a toujours paru être du bricolage de la part de Google... C'est juste constaté qu'il y a des politiques de partenariat mais ça n'a rien à voir avec du référencement dit "naturel".
Oui, que dire de ces sites qui ont un pagerank de 6 et qui vendent leurs alias. Tout d un coup vous avez rencontres.journal.be ou location-dvd.site-de-cinema.be ou encore immobilier.agenda-culturel.be Je ne cite pas des exemples verridicts mais tout le mondre reconnaitra ceux a qui je veux faire allusion. Nous luttons contre les techniques de Spamdexing depuis 1 an et demi. Dur dur car Google n'en a absolument rien a faire, croyez moi !
Rappelons que les "simples" échanges de liens, gratuits, sont quand même détectables par Google. Plus facilement en tous cas. Et ce genre d'échange a également pour but de faire cliquer l'internaute. Tandis que les liens payants, d'après ce que j'en ai vu, c'est uniquement destiné aux moteurs.
"Article intéressant, comment Google peut-il vérifier que tel lien est un lien acheté ?" Et c'est une excellente question, à laquelle je n'ai pas de réponse ^^. Je pense tout de même que la majorité est basé sur le "paid link report" dont je parle dans l'article.
Je ne comprends pas les commentaires qui parlent du "PageRank d'un site". Google n'attribue pas de PageRank à un site, c'est un abus de langage. Il se trouve que la homepage hérite souvent du PageRank le plus élevé du site mais ce n'est pas une règle d'or ou alors je n'ai rien pigé (ce qui est tout à fait possible).
Merci TOMHTML pour ta réponse, si google se base uniquement sur le "paid link report", ça veut dire qu'ils ne mènent pas vraiment de politique de chasse aux liens payants mais qu'il essayent d'effrayer un peu le public avant que ce genre de pratique ne se généralise.
En même si je ne m'abuse, dans le cas d'un véritable *échange* de lien (référence de A vers B et de B vers A), cela devrait plus ou moins s'annuler dans l'algo de Google (modulo l'importance de chaque site). Ca rendrait l'échange de lien encore plus absurde. Par contre un lien payant n'est pas forcément bidirectionnel (seul le site "fournisseur" tisse un lien après rémunération), d'où l'avantage pour le référencé.
Quand j'ai commencé mon site personnel sur un sujet qui me fascine j'ai souhaité attirer des visiteurs . Je suis donc entré en contact avec les webmaster de sites qui parlent du même sujet que le mien. On s'est entendu pour publier des liens vers nos sites mutuels. C'est donc un échange de lien. Non payant mais je crois que c'est la beauté du web non ? On peut pas rester en vase clos. Ps: Voici mon site (!!) mortrapprochee.googlepages.com
Il me semble que pour attirer des visiteurs, le meilleur moyen reste encore de fournir un contenu intéressant. Les propriétaires de sites devraient plutôt investir leur énergie (ou argent) là-dedans plutôt que dans ce réhausseur d'audience que sont les faux liens. Finalement ces liens reviennent à de la pub pas si différente de celle que Google affiche à côté des liens normaux. Mais au moins on a le choix ! Enfin, si Google n'offre pas de payer pour apparaître plus haut dans les résultats de recherche...
Sacr? Google, le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument :)ps superbe article, mais sinon concernant google allez hop je vais faire plein de liens vers le buzz site de la rentr?e : lol http://www.travailleravecdescons.com
Ecrit par Anonyme
Bonjour,
Juste un autre billet sur ce sujet, que j'ai posté ici : Le talon d'Achille de Google. Article éclairant au passage. Google est au bout de son système avec l'achat et la vente de liens ?
En complément pour ceux que ça intéresse, Gray a mis les slides de sa présentation sur son blog : http://www.wolf-howl.com/seo/ses-paid-link-presentation/
Merci à vous deux pour ces liens très enrichissant. J'avais lu les résumés de quelques blogueurs présents lors de la présentation de Gray et ils avaient tous affirmé qu'il avait été très rapide et qu'ils n'avaient pas pu tout noter. Au final j'ai quand même repris le plus important :)
C'est du grand n'importe quoi, de la part de Google, qui est en train d'agir comme Crosoft. Et puis, bien entendu, les ayatollahs du Web s'en mêlent. Je vous engage à visiter cette page, histoire d'en rigoler.
Ecrit par Anonyme
Ce qui est bon pour les canards est bon pour les oies
C?est du n?importe quoi, du grand guignolesque cette affaire. C?est Google qui a institué la vente de liens, alors si je comprends bien, ce qui serait bon pour lui ne serait pas bon pour nous. Ce qui a fait sa fortune ferait notre malheur.
Google devenant le US big brother nous dit comment gérer nos sites et impose ses règles.
C?est du colonialisme pur et simple, notamment par cette inégalité de droit : je fais ce que je veux vous faites ce que je vous dis.
A l?oppression googlienne opposons la liberté netique? Tous avec moi et créons le Mouvement pour la liberté et la décolonisation de la webmasterienne.
Frères et s?urs webmasters, tous unis nous vaincrons !
Ils ont contribué :
David Herrgott
Sylvain Briant
Lifetec
Romain Boyer
Cédric Magnin
Cyril Slucki
Mael Le Hir
Alexis Berger
Stéphane Rangaya
Patrick Tacchini
Etienne Deparis
Bertrand Pautrot