Le 27 août 2007

Pourquoi Google condamne l’achat de liens


Google Paid Links Google n’aime pas le spam, le cloaking, et depuis peu les échanges de liens payants. Quelles sont les véritables raisons pour lesquelles la firme californienne condamne ces paid links ?

Avant de chercher à comprendre pourquoi Google condamne l’achat de liens, rappelons d’abord pourquoi certaines personnes vendent et achètent des liens. Le moteur de recherche classe les résultats en fonction de la requête de l’internaute, bien entendu, mais aussi en fonction de la popularité des pages. Cette popularité est calculée à partir du nombre de liens qui pointent vers la page en question (ce sont les fameux backlinks) mais aussi en fonction de la popularité des sites qui font ces liens. Ainsi, une page recevant 2 liens de sites importants sera sans doute mieux classée que celle recevant 20 liens de sites de faible notoriété. L’un des indices de cette popularité est le Page Rank. Si des sites dits « de confiance » (on parle alors de Trust Rank) font des liens vers un site, Google tient alors compte de cela et augmente l’indice de confiance du site en question.

On comprend alors pourquoi certains sites en mal de notoriété, et de visiteurs, cherchent à obtenir des liens venant de sites importants. Comprenant ce principe et remarquant la part importante qu’occupent les moteurs de recherches de nos jours, certains n’hésitent pas à vendre et acheter des liens pour leurs sites. Les personnes concernées par ces échanges peuvent être des webmasters, des sociétés de marketing en ligne, … Le plus généralement, ces liens sont destinés aux sites commerciaux qui ont des difficultés à obtenir des liens naturels. Les paiements sont plus ou moins discrets en fonction de l’importance des sites concernés.

Les échanges de liens (réciproques, gratuits), les partenariats, les ventes d’espaces publicitaires existent depuis longtemps et Google ne s’en soucie guère. Au contraire, les liens achetés sont considérés comme des ennemis par Google. D’autres moteurs de recherches y sont également opposés, mais la firme de Mountain View est la plus virulente à leur sujet. Lors d’une conférence aux Search Engine Strategies de San Jose, le gourou Matt Cutts a clairement indiqué qu’il était opposé à cette pratique. Il l’accuse de fausser les résultats, auquel cas elle doit être considérée au même titre que le spam. C’est d’ailleurs pour cela qu’il existe un formulaire « paid link report« , au même titre que le « spam report« , pour dénoncer les sites qui vendent des liens. Une vraie chasse aux sorcières.

Matt Cutts a toutefois indiqué que ces types de liens pouvaient être acceptés, sous certaines conditions seulement. Ainsi, Google ne trouvera rien à redire si vous ajoutez l’attribut « rel=nofollow » au lien, si vous ne faites pas un lien « en dur » mais passez par une page de redirection dont l’accès est bloqué aux moteurs à l’aide du fichier robots.txt, si vous faites un lien en JavaScript, etc. De belles paroles pour pas grand chose. Acheter un lien muni d’un nofollow est aussi utile que d’acheter une Formule 1 sans son moteur : c’est bien beau mais ce n’est pas avec ça que vous terminerez en première position…

Alors pourquoi le géant de la recherche redouble-t’il d’efforts dans la lutte contre l’achat de liens ? Lors de la conférence à laquelle participait Matt Cutts, Michael Gray – directeur d’une agence de référencement – a répondu à cette question. Outre les raisons avancées par Google, qui sont justes, il y a des raisons plus officieuses. En éliminant de son index les sites qui vendent et/ou achètent des liens, Google remplit les résultats des requêtes commerciales avec des liens non-commerciaux. Donc lorsqu’un internaute cherche à effectuer une action commerciale (achat, inscription, …) les seuls résultats pertinents sont les liens publicitaires AdWords. Chaque clic sur l’une de ces publicités fait entrer de l’argent dans les caisses de Google. La publicité représente 99% des revenus de Google, on comprend mieux pourquoi cette compagnie préfère voir les internautes cliquer sur leurs pubs plutôt que sur les liens naturels qui ne leur rapportent rien.

D’autre part, Google essaie par tous les moyens de faire peur à ceux qui seraient tentés par l’achat de liens. « Si vous achetez des liens, nous vous supprimerons de notre index et vous perdrez du trafic et des revenus » comprennent les acheteurs potentiels de liens, qui se rabattent alors sur le service Google AdWords. Encore de l’argent dans les caisses de Google. Certains bruits courent selon lesquels Google développerait des algorithmes qui permettraient de détecter les liens vendus. En vérité il n’en est rien, et c’est bien là le plus gros problème de Google : ils n’ont aucun moyen de détecter ces types de liens, parce que techniquement, ils n’ont rien de différent par rapport aux liens classiques. Le moteur peut ainsi détecter des éventuels liens achetés : un lien vers un site de casino en ligne sur site consacré de recettes de cuisine sera sans doute facilement détecté par Google. Mais pas plus.

Google a développé un algorithme basé sur des liens, explique Michael Gray. Cet algorithme est faillible. Google attend de vous que vous changiez votre modèle économique pour compenser leurs failles. Au dernier trimestre, Google a gagné 1,12 milliards de dollars. Ils veulent que vous sacrifiez vos bénéfices pour garder le leur rentable. Et en plus ils veulent que nous le fassions gratuitementGoogle s’érige ainsi contre les liens payants et s’efforce de vous persuader que si vous achetez des liens, vous enfreignez la Loi et l’éthique. Google n’est pas le gouvernement. Pas encore. Ils ne peuvent pas outrepasser les lois et juger votre éthique. Google est sorti de ses limites. Sa mission est d’organiser l’information. Ils n’ont pas pour mission de vous dire comment vous devez faire votre site. Ils n’ont pas pour mission d’acheter ou de vendre de la publicité. Ils n’ont pas pour mission de vous dire comment faire tourner votre business…

[Article réalisé à l’aide du compte rendu du SES par SE Roundtable et à l’aide du résumé d’Amit Agarwal]

Publié le 27 août 2007 à 14:03 par dans Actualité

2 commentaires

  1. casino a dit :

    Je pense qu’a vouloir etre trop derriere les webmasters, google risquera de devenir une bete noire certe incontournable!

  2. Anonymous a dit :

    Google fixe les règles et nous dit qu'il faut privilégier les liens de qualité provenant de sites au contenu se rapprochant plutôt que la quantité.
    OK! Donc personnellement, lorsque je lance un site pour un client, je contacte des blogs en rapport avec le contenu de mon site et je leur propose de les payer en échange d'un lien bien placé. Le bloggeur est souvent content et de mon côté j'ai les budgets pour le faire. Pourquoi Google veut-il nous interdire de nous arranger entre nous ? Veut-il nous imposer un seul modèle économique ? Le fait d'échanger des liens ne m'empêche pas d'utiliser Adwords pendant les 6 premiers mois du lancement du site. Et après tout, si Google ne veut pas d'échange ou achats de liens, et bien qu'il change son algorithme de calcul !

    D'un autre côté, je reconnais l'utilité de Google qui contribue à un web plus riche et plus propre.

    Google balbutie en permanence entre utilité publique et pompe à dollar… l'alchimie sera difficile à trouver !