Le 12 novembre 2006

Inside Google France : Une "non-conférence"


GoogleAu cours du BarCampParis7 samedi 11 novembre dans les locaux de Google France ont eu lieux près de 20 « non-conférences » sur des sujets très variés. Voici un résumé d’une à laquelle j’ai pû assister.

La stratégie management de Google

Quels sont les spécificités qui font que Google connaisse un tel succès ? Au cours cette discussion, Bernard Girard (auteur du livre « Une Révolution du Management : le Modèle Google« ) nous explique que le management chez Google n’est pas classique et que celui ci peut expliquer en partie les réussites de Google.

Tout d’abord il y a chez Google un véritable « culte » de la machine à tel point que l’informatique remplace des postes où traditionnellement le facteur humain est important . Exemple avec les publicité AdWords, le prix, la fréquence, les annonces, tout est défini sur l’ordinateur. Sur le marché français il y a malgré tout une demande de contact humain (comme en témoigne un client dans le secteur de la banque). Ainsi Google a donc dû embaucher des commerciaux spécialisés par secteurs.

Deuxièmement, une stratégie sur la recherche et le développement originale. En effet, vous le savez sûrement, les ingénieurs (et uniquement eux) ont le droit de se consacrer durant 20% de leur temps à des projets personnels. Si cette idée peut sembler sexy (mot très à la mode durant ce BarCamp) il faut y comprendre que dans vos 80% de temps restant vous devez faire 100% de votre travail ! La vie n’est donc pas forcément aussi rose que l’on peut le penser chez Google. Outre les avantages indéniables des Googlers (que l’on détaillera dans un autre article), la productivité est de mise. Et à Google de rappeler que 70% du travail des ingénieurs doit être fait dans le domaine de la recherche, le fondement de Google.

Mais d’où proviennent les idées ? En Californie, le système juridique ne prévoit pas dans un contrat de clause de confidentialité envers la concurrence. Exemple, l’employé d’une société A à une idée qui va révolutionner le web, mais son entreprise ne peut pas investir pour développer cette idée. Si l’employé est un jour recruté par la société G (au hasard !), il pourra divulguer cette idée et ainsi l’exploiter, chose qui est impossible sous clause non concurrence.

Durant la conférence
Bernard Girard nous livre sa connaissance du Management selon Google

L’organisation du travail chez Google est aussi assez différentes des références dans le genre. En effet, les équipes d’ingénieurs sont modifiés à chaque nouveau projet afin de favoriser un brassage des idées et des équipes, une circulation des idées et des informations et des échanges. Chaque projet est en général très précis et prévu sur une période initiale de 5 à 6 semaines. De ce fait il est rapidement soit approuvé soit rejeté, le prototype étant une phase très importante. Chaque projet nécessite l’approbation des pairs pour passer à l’étape suivante. Cette technique impitoyable engendre une grande émulation et elle motive les équipes.

Exemple avec le principe de Google News qui est apparu au lendemain du 11 septembre. Le créateur originaire d’Inde se demandait comment il pouvait faire en sorte que son père en Inde puisse avoir accès aux mêmes informations que lui.

L’effet « couteau Suisse » (terme de Marissa Mayer) est aussi très important. On peut assimiler le manche du couteau à la recherche sur internet et chacun des outils à un des services de Google. C’est pas toujours très proche en terme de fonctions du couteau, mais c’est toujours pratique ! Et bien sûr, on préfère un couteau très équipé à un couteau classique. Sur ce point cependant, il y a matière à discuter.

Le couteau suisse Google
Le couteau suisse Google est plutôt bien équipé !

Enfin la recherche sur Google tend à remplacer pour beaucoup d’utilisateurs les autres fonctions d’un navigateur. En effet, beaucoup d’utilisateurs trouvent plus rapide de taper par exemple « zorgloob » dans un champ de recherche que de taper « www.zorgloob.com » ou même « zorgloob.com ». Google sert à naviguer et à rechercher à la fois.

Enfin le problème délicat des données personnelles collectées. Pour ceux qui utilisent Google et son historique de recherche, vous savez en partie à quel point ces données sont nombreuses. Imaginez que vous travaillez dans un domaine sensible (comme le secteur du nucléaire, au CEA par exemple), est il tolérable que l’ensemble de vos requêtes soient enregistrées sur un serveur ? A quoi servent ces données ? Pour Google c’est une mine d’or : les retours des utilisateurs leur permettre d’être à tout instant au courant des « tendances » du web (Google Zeitgeist) et ainsi de définir quels développement de produit est considéré comme prioritaire. Certains avancent même que le rachat de Youtube est purement basé sur la récupérations des données statistiques : Pourquoi ce service à t-il eu ce succès foudroyant ? Les réponses sont peut être dans les statistiques du site. Et pourquoi ne pas ensuite réutiliser la recette pour lancer un autre produit ?

Au lancement, les produits Google sont souvent « C’est pas mal mais ça pourrait être mieux ». L’effet béta permet à Google de faire évoluer ses produits qui sortiront de béta quand ils correspondront plus à l’idée dont le client se fait du produit. Pour cela le retour de l’expérience du client (Recherchez l’expression « We love Feedback« ) est indispensable.

Le succès de Google ne tient qu’à un seul effet : Le rush créé par les utilisateurs. Rien d’autre n’incite à privilégier Google. Ce sont les utilisateurs qui ont fait connaître Google. Le principe de la gratuité de Google se basant sur le « Je te donne, tu me rends » : Je te donne des services innovant gratuits, tu me rends populaire (par exemple !) et je gagne plein d’argent avec mes publicités !

Publié le 12 novembre 2006 à 15:45 par dans Actualité

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