Le 12 mars 2006

Un Google Frigo qui conserverait tout


Au CeBIT 2006, l’étiquette à puce RFID (Radio Frequency Identification) est à l’honneur.
Tout le monde est persuadé qu’à terme se créera un Internet des objets étiquetés et interconnectés.

Le géant Allemand de la distribution Metro, a profité du salon, pour faire des démos de son Future Shop, supermarché ou les étiquettes électroniques sont omniprésentes (pour afficher en permanence les bons prix, ou envoyer un signal à votre assistant mobile : « Hey ! c’est moi le jambon, il parrait que ton frigo est vide, viens me retrouver dans l’allée C4 »).

Un représentant de Metro à expliqué à 01.net, « qu’à terme les étiquettes RFID ne seront plus limitées au magasin mais se trouveront aussi dans les domiciles« .

Par exemple, dans un frigo avertissant son propriétaire qu’il n’a plus de beurre ou de yaourts après avoir détecté l’absence d’étiquettes ad hoc. Ou avec un four à micro-ondes capable, dès qu’on en approche un plat surgelé, d’en donner le temps de cuisson.

Viviane Reding, commissaire européenne à la société de l’information, a ainsi annoncé de favoriser la libéralisation des fréquences nécessaires au RFID.
Selon elle : « la mise en relation de Galileo, du Wi-Fi, du RFID et de l’intelligence artificielle va créer une architecture intelligente. Chaque objet pourra avoir une adresse sur Internet. On se dirige vers une fusion du monde des données et du monde des objets. »
Ce qu’elle a choisi d’appeler « l’Internet des objets ».

Vint Cerf, évangéliste au service de Google, a surenchéri, en imaginant ainsi un scénario où sa garde-robe repèrerait l’existence d »une chaussette dépareillée et détecterait sa contrepartie égarée sous un canapé.
Mais, Google oblige, tout cela finirait sur Internet. « Du moment où un équipement possède un identifiant unique [ici, l’étiquette RFID, NDLR], vous pouvez lui définir un historique. On pourrait utiliser le système des noms de domaine, par exemple en créant une adresse avec le numéro RFID suivi d’un .rfid. Et on stockerait toutes les informations sur le réseau. »

Mme Reding s’est dite extrêmement vigilante face aux dérives de « surveillance omniprésente » que pourrait occasionner cette technologie.

Est-ce que cela signifie que Vinton donne le baton pour se faire battre en étant trop innovant ? Comment scanner les herbes de Provence et les fromages qui puent ?

Google pourrait-elle aller à l’encontre de la liberté de chacun ? Allons-nous l’autoriser à conserver toutes les informations concernant nos déplacements, nos habitudes, nos objets ?

« Je ne suis pas un RFID« , comme disait le prisonnier.

Puis il faudra convaincre un paquet de monde, imaginons, sur le salon CeBIT, une ménagère allemande de moins de 50 ans inquiète, dire au « Père de TCP/IP » :

« Monsieur Cerf, stocker tous les historiques, c’est pour faire quoi ?
Nous proposer de la Budweiser au lieu de l’Heineken ?
Nous envoyer un message d’alerte, pour signaler que Metro fait une promotion sur les tranches de jambon Olida ?
De plus, Monsieur Cerf, ne vaudrait-il pas mieux mettre vos chaussettes au lavage ? »

Comme Microsoft au eu le monopole du système d’exploitation pour PC, Google souhaiterait l’hégémonie des données pour mieux « profiler » et diffuser ses publicités. Cela prendra du temps, peut-être 20 ans ou moins… et de constater aujourd’hui comme Windows est entré dans les habitudes…

En attendant ce datamining à outrance pourrait vite jeter un froid. Et que penser de la présentation d’Eric Schmidt lors du Analyst Day du 2 mars (Slides + traduction FR).

Pourtant un « Google Frigo » qui conserverait toutes nos données, c’est une bonne idée, non ?

La prochaine fois on parlera de la machine à laver Google et du sèche-linge Microsoft.

Publié le 12 mars 2006 à 0:49 par Kendos dans Actualité

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