Le 25 février 2006

In the search of the Real Google


Nous avions évoqué ce dossier consacré à Google.
C’était l’occasion pour les lecteurs du Time d’en savoir plus sur la société, son histoire, son projet et sa réalité.
La prise de participations dans AOL est une coïncidence, pour cet article qui arrive en pleine épidémie de Googlephobia.

Extraits et commentaires de l’édition papier sortie le 20/02 en Europe…

 

Larry "PageRank", l’informaticien, est à l’origine du projet en 96 : Sergey, le mathématicien, l’ayant rejoint un an après.

A la question du journaliste : "Quel est l’équivalent papier de l’index Google ?". Brin, qui aime bien faire des calculs, répond rapidement : "500 miles de papier", puis d’ajouter : "non, beaucoup plus, c’est énorme". Le lecteur comprend mieux pourquoi le terme Googol a été choisi : stockage, organisation et accès sur un grand nombre de données. A ce propos, Eric Schmidt, lors d’un Google Factory Tour, précisait qu’il faudrait plus de 200 ans à Google pour accomplir sa mission.

La technologie de Google se veut de plus en plus performante proportionnellement au grand nombre d’informations traitées. Et quand Larry Page parle de scalability ,on comprend mieux le sens de ce mot.

Dès le lancement, le défi a été d’indexer le maximum de pages, et de laisser les autres moteurs de recherche (là, bien avant) se battre à trouver le meilleur modèle économique et les gros budgets pub.

Une interface simpliste et une technologie performante, les internautes se sont fait passer le mot. Et voici le secret pour obtenir de l’audience rapidement. Puis on ajoute un logiciel de traduction, un webmail et d’autres outils gratuits pour fidéliser.

On le sait, Google a mis du temps pour générer cette audience et donc des revenus. L’article nous indique qu’AdWords, se serait inspiré du modèle Pay-Per-Click de Goto.com (devenu Overture, puis acheté par Yahoo). Par contre, l’article ne précise pas de qui s’est inspiré Goto.com :-).

En tout cas, Google a fait simple et à baisser les tarifs en proposant aux internautes d’éditer leurs publicités eux-mêmes, ce qui a attiré très rapidement une clientèle nombreuse, sans qu’aucun concurrent n’est le temps de réagir. Pour la petite histoire, savez-vous qui est le nom du premier client Adwords ?.

Parce qu’une grande majorité des profits de Google proviennent de la publicité, le plus important est de générer de l’audience. Ainsi beaucoup de projets sont lancés sans modèle économique, donc sans trop de risques. En clair quand vous regardez les produits Google, vous comprendrez que le terme Version Béta = Pour l’instant, on gagne pas d’argent avec ce truc mais ça génère du clic.

Marissa Mayer, ingénieur en chef et employé numéro 20, respecte la tradition et souhaite des projets simples : "Est-ce que ma mère comprendrait ça ?" dit-elle souvent.

Google Wifi San Francisco est une idée facile à cerner (l’Internet gratuit pour tout le monde) mais difficile à mettre en pratique. Les blogs de Glenn Fleishman et d’Om Malik justifient l’intérêt stratégique (Economie de transit Internet, nouveau canal de diffusion, c’est la faute à Cisco qui veut faire pareil, blabla, etc.), moi je me demande si les plats de la cafétéria du Google Plex ne sont pas trop épicés !?

Pas de bon article sans parler des concurrents, et ici principalement de Yahoo. Caterina Fake (drôle de nom), qui a revendu Flickr l’an dernier, prône le Social search, donc la participation et le partage des ressources entre internautes (blogs, photos ou encore des liens, comme sur MyWeb 2.0).

Sous-entendu : Google ne tient pas compte de l’avis des personnes et du contenu, donc les résultats ne peuvent être pertinents. Et j’ajoute, que je ne suis pas toujours content après avoir cliqué sur une pub AdWords.

Est-ce que Google doit monter ses prix sur certaines pages et sélectionner ces annonceurs ?

Lors d’une interview, Terry Semel, CEO de Yahoo, va dans ce sens. Il connait le point faible de Google et enfonce le clou. Pour lui créer du contenu de qualité est la seule issue possible, puis cela permet d’obtenir plus de revenus.

Si cela incombe aux internautes, comment les faire contribuer gratuitement, leur demander de l’objectivité et ensuite vérifier, requalifier et structurer leurs propos ? Le problème d’organisation de l’information reste entier et loin d’être résolu. Pire, les volumes de données ne feront qu’augmenter, si chacun doit donner son avis sur tout.
Puis, comment savoir que Paul a un meilleur avis que Jean, car les gens apprécient les avis de Paul ?… Retour à la case PageRank.

Egalement l’article évoque l’affaire chinoise. L’idée de l’accès à toutes les informations pour tous est une utopie et Google pliera un jour ou l’autre dans son propre pays (affaire FBI).

A la fin de cet article, on se demande si la stratégie Google n’est pas d’en avoir aucune, mais d’acquérir une rapidité d’analyse et une capacité d’adaptation hors pair.

On peut alors rigoler de l’agacement des financiers devant la liste des 100 projets en cours qui ne doit pas signifier grand chose pour eux, si ce n’est que les occupants du GooglePlex sont créatifs.

Par contre, est-ce qu’une entreprise cotée en bourse a droit à l’erreur ? Non car les médias s’en donneront à coeur joie pour relayer toute intrigue.

Et aux internautes de perdre confiance en voyant les promesses de Google non tenues et les scandales à droite et à gauche. Puis personne n’est d’accord pour confier l’intégralité de ses données à un Big Brother, même si c’est pour favoriser une meilleure expérience d’achat. L’équation "Plus j’en sais sur toi = plus je te suggère ce que tu dois faire = plus je compare ta réaction à celle des autres" est-elle applicable ?

Yahoo a peut être raison, il faut du contenu de qualité et c’est aux internautes de participer à la construction du web et non l’inverse. Mais pendant la ruée vers l’or ce sont les vendeurs de pelle et de pioches qui s’enrichissent pas les chercheurs. Et le roi de la jungle, Microsoft, d’attendre patiemment, puisque c’est lui qui fournit les outils de la vie.com.

Finalement le titre du Time est bien choisi et me fait penser à Larry avec sa blouse blanche lors de son intervention au CES, qui au passage m’avait rappelé une vieille publicité Rue Gama. Puis à une société qui veut maîtriser information toujours en marche ou chaque entité est numérisée et contient des milliards d’octets qui peuvent interagir avec d’autres octets, ceci dans un scénario digne de Matrix. Sans compter nano et biotechnologies qui permettront à terme de tout connecter (on parlera de Google Frigo, une autre fois).

En conclusion Sergey, tu as raison, c’est énorme, ç’est Google !

Sources :

 

Publié le 25 février 2006 à 19:37 par Kendos dans Actualité

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